Dans un entretien accordé au Parisien, le gouverneur de la Banque de France a fait un constat sans détour. «On ne peut plus attendre». Un jour après l’annonce de la dégradation de la note française par l’agence Fitch, et quelques jours après la chute du gouvernement Bayrou, il insiste sur l’urgence de continuer à réduire le déficit public. Pour lui, l’objectif doit rester la réduction d’ici 2029 de la dette pour revenir à 3% du PIB. Il rappelle que la France possède aujourd’hui «le plus gros déficit de la zone euro», alors que la dette continue de se creuser. Autant de facteurs qui rendent l’effort budgétaire présenté par François Bayrou incontournable. Et si selon lui, il ne s’agit pas là d’une politique d’austérité, il réclame une maîtrise beaucoup plus ferme de la hausse des dépenses. Mais il n’exclut pas des mesures fiscales «ciblées et exceptionnelles», comme une forme de taxe Zucman.

Pour le gouverneur, la réduction de la dette est une course contre la montre que chaque mois perdu rend plus difficile. Selon lui, repousser les décisions budgétaires ne ferait qu'affaiblir à la fois les Français, les entreprises mais aussi l’État.

L'urgence de regagner la confiance

La dette est désormais un frein collectif, qui fait exploser les intérêts : de 30 milliards en 2020, ils dépasseront 100 milliards d’ici 2030, selon François Villeroy de Galhau. De l’argent public qui ne pourra donc plus être utilisé pour les publics ou encore les investissements. Pour combattre cette éventualité, il appelle donc à un effort qui soit partagé entre l’État, les collectivités et les organismes sociaux.

D’après lui, un quart de l’effort pourrait provenir de nouvelles recettes, comme la lutte contre l’optimisation des plus patrimoines. Mais il est catégorique : le reste des efforts doit venir d’un frein à la progression des dépenses, qui coûte selon lui 9 points de PIB de plus qu’à nos voisins, à modèle social similaire. Il reste quand même optimiste vis-à-vis de la conjoncture, grâce au recul de l’inflation, à une croissance positive et un chômage stable.