À Roland-Garros, la Rencontre des entrepreneurs de France s’est tenue jeudi 28 août, organisée par le Medef. Dans le cadre d’un débat entre différents responsables politiques, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a eu l’occasion de s’exprimer à différentes reprises. Des prises de parole qui ont notamment concerné le vote de confiance déclenché par François Bayrou le 8 septembre prochain, et sa stratégie budgétaire. Elle a aussi abordé la question des aides aux entreprises devant un public composé en grande partie d’entrepreneurs. Et certaines de ses déclarations ont déclenché de vives réactions.

Interpellant directement ses opposants politiques, notamment Gabriel Attal et Bruno Retailleau, sur l’usage de l’argent public, Marine Tondelier s’est montrée critique quant aux différentes déclarations concernant la dette publique et la nécessité de la réduire. «J’ai l’impression que l’argent public est rare pour tout le monde sauf pour les aides aux entreprises» a-t-elle déclaré. Une petite phrase qui a aussitôt déclenché des huées des patrons présents dans la salle. Cela n’a pas perturbé pour autant la cheffe des Écologistes qui a continué en assurant qu’il était nécessaire d’aider les entreprises, en expliquant qu’elle se posait la question des conditions d’attribution. «Est-ce qu’on peut débattre à un moment de la conditionnalité des aides dans ce pays, qui soient soumises à des critères de non-délocalisation, à des critères sur la parité dans les entreprises ?», a-t-elle interrogé l’audience.

Dette, reculs écologiques et aides aux entreprises

Marine Tondelier en a profité pour amplifier la charge contre les gouvernements consécutifs d’Emmanuel Macron, en insistant sur l’ampleur de la dette publique accumulée ces dernières années. Elle a notamment accusé le gouvernement d'avoir augmenté «la dette de 1.000 milliards d’euros en huit ans, en commettant le double exploit de ne pas préparer l’avenir sur le plan environnemental». Selon elle, le gouvernement a réalisé «43 reculs environnementaux» en 2025.

Une intervention qui illustre les fractures qui traversent le débat économique actuel, alors que François Bayrou s’apprête à engager la responsabilité de son gouvernement. La Rencontre des entrepreneurs de France, qui rassemble tous les ans des centaines de chefs d’entreprise, s’est ainsi transformée en scène politique où les responsables des oppositions testent leurs idées avant une rentrée parlementaire décisive.