Une décision pas encore tranchée pour l’instant. Comme l’a expliqué Olof Gill, un porte-parole de la Commission européenne, ce lundi 12 janvier, une application provisoire de l'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur est «possible» légalement, et ce, avant la ratification du Parlement européen. «Le traité autorise cette possibilité» d'une application provisoire, ajoute-t-il. Bruxelles a milité pour un «grand soutien» des eurodéputés à cet accord commercial, lors d'un scrutin attendu dans les prochaines semaines.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, va signer ce traité de libre-échange avec l'Amérique latine samedi à Asuncion au Paraguay. Si de nombreux Etats européens ont voté en faveur de cet accord commercial comme l’Autriche, l’Irlande ou la Hongrie, la France a, quant à elle, voté contre. Par ailleurs, Paris réclame un vote des Vingt-Sept pour que ce traité ne soit pas appliqué provisoirement avant sa ratification au Parlement.

Renforcer les liens diplomatiques avec l'Amérique latine

Mais cette déclaration sur le sujet a été retirée de l'ordre du jour, selon la France, à la demande de nos voisins allemands. Berlin défend fermement ce traité de libre-échange afin de relancer massivement son industrie. «25 ans de négociations, c'est beaucoup trop long - nous devons aller plus vite», a affirmé le chancelier allemand Friedrich Merz qui salue tout de même un «signal fort» après l’approbation des États européens. Cet accord pourrait ainsi permettre de stimuler les exportations, soutenir l'économie du continent et renforcer les liens diplomatiques avec l'Amérique latine.

Le son de cloche est différent du côté des agriculteurs qui ne cessent de protester contre ce traité. Selon eux, il devrait bousculer l'agriculture européenne avec des produits importés significativement moins chers et non respectueux des normes de l’UE. Depuis plusieurs semaines en France, ils multiplient les actions de blocage pour manifester leur mécontentement.