Le Grand Paris Express, titanesque projet d’infrastructure, connaît de nouveaux retards. Alors que les premières lignes devaient entrer en service dès 2025, leur mise en circulation est repoussée, suscitant des critiques. Pourtant, Jean-François Monteils, président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP), assure que l’objectif reste inchangé : livrer un réseau fiable et performant. «Nous avons la volonté farouche de tenir notre calendrier», affirme Jean-François Monteils dans un entretien accordé au Parisien, publié le 19 mars 2025.

Si les premiers essais de circulation sur la ligne 15 Sud ont débuté en septembre 2024, des ajustements techniques liés aux systèmes d’automatisation ont nécessité un réajustement du calendrier. Résultat, la mise en service de la ligne 15 Sud est repoussée à fin 2026, au lieu de fin 2025, tandis que les tronçons des lignes 16 et 17 sont désormais prévus pour mi-2027.

Un chantier sous pression et sous surveillance

Les principaux obstacles concernent la mise au point des systèmes de pilotage automatique, une technologie inédite permettant aux rames de circuler à 110 km/h sans conducteurC’est une première mondiale qui va démontrer le niveau de performance de l’ingénierie française» !” insiste Jean-François Monteils. Cette innovation impose une intégration parfaite entre les logiciels de commande et les infrastructures physiques. Par exemple, chaque porte palière doit être capable de détecter un dysfonctionnement et d’envoyer une instruction de correction instantanée.

Face aux critiques sur le manque de transparence, la SGP s’engage à publier un rapport bimensuel public pour informer le grand public sur l’évolution du chantier. Dès fin 2025, certaines gares de la ligne 15 Sud ouvriront même leurs portes au public. L’opérateur RATP Dev, chargé de l’exploitation des futures lignes, collabore étroitement avec la SGP pour anticiper la transition. «Nous avons décidé d’anticiper la prise en main des infrastructures», précise le dirigeant. Ainsi, les équipes de la RATP intégreront dès cette année les locaux de la SGP pour assurer un suivi technique en amont.

Développer une expertise

Concernant le matériel roulant, la commande passée auprès d’Alstom suit son cours. Les premiers trains de la ligne 18 arriveront dans les semaines à venir, et ceux de la ligne 15 Sud sont déjà en phase de tests. «Les trains sont produits, et certains ont même déjà circulé sur les voies du Grand Paris Express», assure Jean-François Monteils.

Par ailleurs, la SGP ne se limite pas au Grand Paris Express. L’expérience acquise sera mise à profit dans d’autres projets, notamment les services express régionaux métropolitains (SERM). Actuellement, 3 à 4 % des effectifs de la SGP travaillent déjà sur ces nouvelles initiatives. «Si nous attendons la fin du Grand Paris Express pour lancer d’autres projets, nous perdrons une expertise précieuse», prévient Jean-François Monteils.