
A un peu moins de cinq mois des élections municipales, le jeu des propositions bat son plein dans la capitale ! La dernière en date émane du candidat PS à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire. Le 16 octobre dernier, il avait relancé un vieux serpent de mer en annonçant son intention d’instaurer un métro qui fonctionne toute la nuit, avait appris Le Parisien. Cette proposition, l’élu l’a clarifiée auprès de 20 Minutes. En citant les exemples de Berlin, Londres ou New York, Emmanuel Grégoire dit avoir constaté «un gain de qualité de vie et de service pour les usagers». Il ajoute : «Aucune capitale ne peut tolérer que ses citoyens soient privés de mobilité nocturne, sûre et abordable.»
Rendre le métro accessible 24h/24 permettrait également de gagner une «bataille mondiale d’attractivité et de dynamisme», laisse-t-il entendre auprès de 20 Minutes. Il ne comprend d’ailleurs pas qu’une ville comme Paris, aussi «rayonnante», interrompt ses transports la nuit. Toutefois, la décision ne dépend pas que de la mairie de Paris, mais d'Ile-de-France Mobilités (IDFM). La présidente de la région travaillerait sur le sujet déjà depuis dix ans, selon Aurélien Véron, soutien de Rachida Dati, interrogé par Le Point.
Un coût à 500 millions d’euros ?
Mais Valérie Pécresse est loin d’être convaincue par le projet. En 2020, elle lançait : «On ne peut pas ouvrir le métro toutes les nuits», notamment à cause de la nécessité de laisser fermer des stations pour des questions de maintenance. Ce projet suscite également l’ire de l’opposition, Emmanuel Grégoire étant accusé de favoriser la fête nocturne et d’encourager les nuisances. S’il considère qu’il faut «les éviter», «ce n’est pas en fermant le métro à 2h30 qu’on le garantit mieux ou plus», ajoute-t-il. Il évoque d’ailleurs un argument «absurde» d’autant que le problème serait le même pour les familles «à 23 heures qu’à 3 heures du matin».
Pourquoi alors laisser ouvert le métro toute la nuit ? Pour les salariés travaillant de nuit, insiste Emmanuel Grégoire : «Un salarié sur dix, en Île-de-France, travaille la nuit.» Il évoque le personnel de santé, les éboueurs, les agents d’entretien ou encore les artistes. «C’est donc une question de qualité de vie et de justice sociale pour les travailleuses et travailleurs en horaires décalés», assure-t-il auprès de 20 Minutes. Or, selon l’administratrice de la RATP, Delphine Bürkli, la mesure coûterait 500 millions d'euros par an. Selon elle, «faire une proposition pareille, c'est méconnaître le réseau francilien et ses agents qui se relaient 24 heures sur 24».
Emmanuel Grégoire ne veut pas augmenter le pass Navigo
Emmanuel Grégoire dit ne pas comprendre «d’où vient ce chiffre» et évoque plutôt des chiffres «autour de 100 000 euros par ligne et par nuit». A ce titre, il ne veut pas qu’en instaurant une telle mesure, le tarif du pass Navigo augmente. Il évoque d’autres solutions comme «une tarification spéciale pour les touristes la nuit» ou «une solution fiscale qui reposerait sur la taxe de séjour». Restera aussi à répondre à la question des embauches, une mesure qui «rentrera dans la discussion sur les coûts», concède le candidat PS. Toutefois, la priorité pourrait passer dans un premier temps par «l’utilisation de lignes automatisées».
Persuadé qu’il peut convaincre Valérie Pécresse, Emmanuel Grégoire veut travailler autour de ce projet avec IDFM, la Région, la Métropole du Grand Paris et la Ville de Paris. Au mois de juin, Valérie Pécresse avait promis «le réseau de transport le plus performant au monde en 2030», la région Ile-de-France prévoyant d'investir 2,1 milliards d'euros par an pour moderniser les transports.



















