Ancien Premier ministre et figure de la gauche française, Lionel Jospin est décédé à l’âge de 88 ans, a annoncé sa famille ce lundi 23 mars. Entre 1997 et 2002, il a profondément marqué la politique économique et sociale du pays à la tête d’un gouvernement de cohabitation. Durant ces cinq années, pas moins de 459 textes de loi ont été adoptés, souligne Le Monde. Portée par une conjoncture favorable, la période est marquée par une croissance soutenue et une baisse significative du chômage.

A tel point que la majorité de gauche évoque alors l’objectif du plein-emploi. Les finances publiques, elles aussi, s’améliorent, avec des déficits stabilisés, voire en recul. C’est dans ce contexte que plusieurs mesures emblématiques voient le jour. Parmi les plus marquantes figurent la mise en place des 35 heures, adoptée en deux temps entre 1998 et 2000, ou encore le lancement des emplois-jeunes dès 1997, qui permettront la création de 350 000 postes.

Des mesures clés pour la santé et l’emploi

Le gouvernement introduit également la couverture maladie universelle (CMU) en 1999, afin de faciliter l’accès aux soins pour les plus modestes. S’ajoutent la prime pour l’emploi en 2001, ou encore la loi de modernisation sociale en 2002, qui suscitera des débats, notamment sur les licenciements. D’autres avancées concernent le domaine social, comme la mise en place de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) pour les personnes âgées, entrée en vigueur en 2002, ou encore le renforcement des droits des malades la même année.

Sur le plan économique, le gouvernement Jospin poursuit les privatisations et les ouvertures de capital de grandes entreprises publiques comme Air France, Renault ou France Télécom. Une orientation qui lui sera régulièrement reprochée à gauche. Plusieurs réformes importantes, comme celles sur l’eau, les autorités boursières ou les tribunaux de commerce, sont toutefois restées inachevées. L’absence de réforme majeure des retraites a également suscité de vives critiques.