
En janvier, le patron de Meta, Mark Zuckerberg, a annoncé des changements substantiels dans la politique de vérification de contenus de ses réseaux sociaux (Facebook, WhatsApp, Instagram). Fin des partenariats de fact-checking avec des médias, diminution de la modération, instauration de «notes de la communauté»... Assumant un virage propre à satisfaire la très conservatrice administration Trump, Zuckerberg précisait alors : «Nous supprimons un certain nombre de restrictions sur des sujets, comme l’immigration, l’identité de genre et le genre, qui sont au cœur de débats politiques fréquents».
Conséquence concrète de ces mesures : des licenciements en masse. Les 2000 salariés de Telus Digital, à Barcelone (Espagne) en font les frais. Selon les informations du Monde, l'entreprise, l’une des principales sociétés auprès desquelles Meta sous-traite la modération de ses réseaux sociaux dans l'Union européenne, a informé les 2000 employés concernés... par mail. Jeudi 3 avril, ils ont été dans l'impossibilité de se connecter à leurs postes de travail, le message de leur employeur leur indiquant qu'ils pouvaient rester chez eux.
En janvier, Zuckerberg accusait l'UE d'«institutionnaliser la censure»
En début d'année, pourtant, Mark Zuckerberg avait précisé que la nouvelle politique de (non) modération de Meta ne concernerait que les contenus publiés aux Etats-Unis. Il s'en était toutefois pris directement aux réglementations européennes, accusées d'«institutionnaliser la censure», reprenant une accusation d’Elon Musk et des mouvements d’extrême droite américains. Le patron de Meta avait appelé à «lutter contre cette tendance mondiale», main dans la main avec l’administration Trump.
Questionné par Le Monde, Meta a réfuté vouloir réduire la modération des contenus dans l'UE, évoquant plutôt une «redistribution d'effectifs» au sein d'autres sites de Telus, sans plus de précisions sur le nombre de salariés concernés ni sur les postes qu'ils occuperont. Ces 2000 employés du site barcelonais représentent près de la moitié des effectifs de modérateurs «parlant au moins une langue européenne», d'après les documents transmis par Meta à la Commission européenne dans le cadre du règlement sur les services numériques.


















