Meta accélère dans la course à l’intelligence artificielle. Le géant américain des réseaux sociaux a annoncé, ce lundi 29 décembre, le rachat de Manus, un agent d’IA très en vue conçu par la start-up chinoise Butterfly Effect, dont le siège est désormais établi à Singapour. Le montant de la transaction n’a pas été officiellement communiqué, mais plusieurs experts l’estiment à près de 2 milliards de dollars, rapporte BFM Tech&Co.

Cette acquisition s’inscrit dans la stratégie du groupe de Mark Zuckerberg — maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp — qui multiplie les investissements pour se positionner sur le marché de l’IA, notamment via des services par abonnement, un modèle déjà adopté par la société chinoise. «Manus a développé l'un des agents autonomes polyvalents les plus performants (…). Nous continuerons d'exploiter et de commercialiser le service Manus, et nous l'intégrerons à nos produits», a indiqué Meta dans un communiqué.

Vers une nouvelle ère de l’IA ?

Du côté de la start-up, l’opération est présentée comme un tournant majeur. «Il ne s'agit pas d'une simple acquisition. C'est la confirmation que l'avenir que nous construisons arrive plus vite que prévu : l'ère de l'IA qui ne se contente pas de parler, mais qui agit, crée et innove, ne fait que commencer», a indiqué sur X Xiao Hong, directeur général de Manus. «Et maintenant, nous allons pouvoir la développer à une échelle que nous n'aurions jamais imaginée», a-t-il ajouté.

Lancé en mars dernier par Butterfly Effect Technology, Manus s’est rapidement distingué dans l’écosystème de l’IA. Destiné aux entreprises et accessible sur invitation, l’outil a suscité un vif intérêt. Contrairement aux assistants conversationnels comme DeepSeek ou ChatGPT, Manus se positionne comme un agent autonome, capable d’agir sans intervention humaine continue. Là où les chatbots traditionnels se contentent de répondre à des requêtes, Manus est pensé pour mener des actions «de bout en bout»: trier des CV, organiser des déplacements…

Un agent IA autonome

Meta souligne que Manus est «capable d'exécuter de manière indépendante des tâches complexes telles que les études de marché, la programmation et l'analyse de données». Selon Bloomberg, Manus est valorisé à 500 millions de dollars à l’issue d’une levée de fonds menée par la société américaine Benchmark. Pour les analystes, cette acquisition pourrait constituer «une première étape pour Meta dans la création d'une activité d'abonnements» autour de l’IA.

Fin octobre, Meta avait déjà annoncé une forte hausse de ses investissements, avec des dépenses prévues entre 70 et 72 milliards de dollars en 2025, principalement dédiées à l’intelligence artificielle. Reste que l’opération pourrait attirer l’attention des autorités. Selon Bloomberg Intelligence, le rachat «pourrait faire l'objet d'un examen réglementaire, Manus étant une entreprise basée à Singapour mais fondée en Chine». Cette acquisition intervient en effet dans un contexte de rivalité accrue entre Washington et Pékin dans la course à l’IA, alors que les Etats-Unis ont récemment renforcé les restrictions sur l’exportation de puces avancées vers la Chine afin de freiner son développement technologique.