Vendredi 6 février, à l’occasion d’une interview accordée à BFM, le directeur général de BpiFrance, Nicolas Dufourcq, a estimé que «l’immigration de travail est inévitable». Mais à condition de pouvoir «la choisir» a-t-il rajouté. Lors de cette interview, le patron de la BPI a notamment exprimé son point de vue concernant la politique budgétaire menée par le gouvernement pour 2026, concernant la gestion du déficit public.

Mais Nicolas Dufourcq s’est aussi attardé sur le sujet des industries françaises. Selon lui, «les jeunes Français n’ont pas très envie de travailler dans l’industrie». Le pays se trouverait donc dans une contradiction dans laquelle «les Français veulent la réindustrialisation, souveraine», sans que les plus jeunes, eux, n’aient envie d’y travailler. Un constat qui l’a donc amené à considérer que l’immigration de travail est aujourd’hui incontournable pour réindustrialiser le pays.

Une réalité de terrain

Pour appuyer son point de vue, le dirigeant s’appuie sur ses observations, notamment au sein de l’usine Stellantis de Sochaux, au sein de laquelle les salariés sont issus «de 57 nationalités». Il insiste en racontant également la réalité de l’agriculture en Bretagne, maintenue en vie par l’immigration de travail. Nicolas Dufourcq appelle donc le gouvernement à «ne pas se cacher derrière son petit doigt».

Mais chez les chefs d’entreprise, les avis sont très divisés selon lui. Parmi une dizaine de milliers d’entrepreneurs interrogés, un tiers affirmerait avoir besoin d’immigration de travail, un tiers dit ne pas se savoir et un tiers estiment avoir été déçus par le passé de l’immigration au travail. Une situation qui démontre selon le dirigeant l’urgence pour le gouvernement de s’emparer de la question de l’encadrement de l’immigration de travail.