«Plus on prend de retard, plus ce sera coûteux». Invité à s’exprimer sur l’évolution du système des retraites, le patron de Bpifrance que celle-ci est «inéluctable» et la «conséquence directe du vieillissement de la société française», dans un entretien accordé au Parisien. Selon Nicolas Dufourcq, si la décision de suspendre la réforme des retraites est, en grande majorité, saluée par les Français, il est nécessaire de «réexpliquer les tenants et les aboutissants».

«Nous ne pouvons pas laisser perdurer une situation dans laquelle un pourcentage très significatif de la Nation est convaincu de faire le bon choix, alors qu’il est directement contraire aux intérêts de la patrie», martèle-t-il. «On ne ment pas aux Français, c’est toute la société qui se ment à elle-même», assure le directeur général de Bpifrance, pour qui la question de la pérennité du système par répartition se pose toujours, notamment en raison du vieillissement démographique.

Les retraités doivent participer au redressement budgétaire, d’après Nicolas Dufourcq

Selon Nicolas Dufourcq, il est impératif d’introduire une part de capitalisation mais «il faut trois décennies pour qu’elle commence à produire des résultats significatifs au point de pouvoir engendrer le versement de pensions correctes». «On aurait dû le faire quand on pouvait, c’est-à-dire dans les années 1990. Mais il n’est jamais trop tard pour commencer», ajoute-t-il.

Ainsi, Nicolas Dufourcq appelle les Français à regarder en face le vieillissement de la population. Il estime que la classe politique ne pourra pas durablement exonérer les retraités de l’effort dans le cadre du redressement budgétaire. «Nous allons devoir travailler plus longtemps et réduire la générosité relative des pensions, notamment par des mécanismes de désindexation», affirme le dirigeant de Bpifrance.

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