
Les entrepreneurs, grands oubliés d’une politique économique à bout de souffle ? Invité sur BFMTV ce jeudi 22 janvier, le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, a livré une critique sévère de la trajectoire budgétaire française. A ses yeux, le budget en discussion s’inscrit dans une longue dérive où les dépenses sociales progressent bien plus vite que la création de richesse. «Le budget qui va passer là maintenant n’est que le énième épisode d’une série qui a commencé il y a cinquante ans», a-t-il estimé.
Une série marquée, selon lui, par un déséquilibre structurel : «L’Etat providence galope devant l’économie à toute berzingue, une espèce de chevauchée fantastique. L’économie a beau se battre les flancs pour produire, produire, produire ; faire des belles entreprises, des beaux entrepreneurs, etc.., les dépenses sociales courent toujours devant», a-t-il déploré. Pour Nicolas Dufourcq, cette dynamique n’a rien de conjoncturel. «Toute notre machine institutionnelle, républicaine, démocratique, est construite pour la fuite en avant de l’Etat providence», a-t-il affirmé, avant d’ajouter : «Et ça continue, en dépit du fait que les chiffres sont catastrophiques.»
«C’est à nouveau nos petits-enfants qui vont payer»
Le patron de la banque publique d’investissement juge également très préoccupant l’objectif d’un déficit public fixé à 5% du PIB. «Mais 5%, c’est combien de déficit par rapport au total des dépenses ? C’est beaucoup plus que 10%, donc ça veut dire que 10% de toutes nos dépenses, donc 10% de nos dépenses sociales sont financés, et vont continuer d’être financés par de la dette», a-t-il souligné, citant notamment la prime d’activité et le repas à un euro pour les étudiants. «C’est à nouveau nos petits-enfants qui vont payer», a-t-il mis en garde.
Pour le directeur général de Bpifrance, le constat est sans appel : «Notre système constitutionnel, démocratique, républicain, n’est pas capable d’inventer par lui-même la règle de discipline budgétaire qui va faire atterrir la croissance des dépenses sociales françaises».


















