La rencontre entre Jordan Bardella, Marine Le Pen et François Bayrou, mardi 2 septembre, n’aura finalement rien changé. Alors que les formations politiques de gauche ont annoncé qu’elles ne voteront pas la confiance au Premier ministre le 8 septembre prochain, le Rassemblement national ne la lui accordera pas non plus.

Soucieux de rassurer le milieu économique, le chef du parti à la flamme a donc décidé d’adresser une lettre aux chefs d’entreprise pour expliquer les raisons qui poussent son parti à ne pas accorder sa confiance à François Bayrou, et qui devrait sans nul doute, sceller le sort du gouvernement en place, rapporte RMC.

«Nul gouvernement ne saurait convaincre lorsqu’il a creusé la dette publique et aggravé le déficit commercial dans des proportions inégalées depuis plus d’un demi-siècle», écrit d’abord l’eurodéputé dans son texte de deux pages. «Nous savons combien l’incertitude politique fragilise la vie économique», cependant, celle-ci ne procède en rien «de notre action», estime-t-il encore.

Rejetant à la fois la faute sur le plan budgétaire présenté par le locataire de Matignon, Jordan Bardella n’hésite également pas à étriller dans sa lettre le front républicain allant de «la gauche mélenchoniste au parti Les Républicains», qui a empêché sa formation politique d’obtenir à l’issue des dernières élections législatives une «majorité claire» pour gouverner.

Jordan Bardella plaide pour un «pacte de confiance» avec les entrepreneurs

Alors que Jordan Bardella a d’ores et déjà indiqué qu’il proposera sa candidature pour le poste de Premier ministre - dans le cas où le gouvernement serait amené à tomber -, par ce courrier, il tente ainsi de se poser en «garant de la stabilité économique» et appelle pour l’occasion à un «pacte de confiance» avec les entrepreneurs.

Pour ce faire, le bras droit de Marine Le Pen propose une série de propositions, parmi lesquelles une réduction «des mauvaises dépenses publiques» en mettant fin par exemple «à l’immigration d’assistanat» ou au «coût exorbitant de la bureaucratie d’Etat», comme il l’avait déjà annoncé lors de la rentrée du Medef.

De même, Jordan Bardella égrène dans son courrier plusieurs mesures du programme du RN comme l’allègement des normes européennes, la priorité dans les marchés publics aux entreprises qui produisent en France ou encore un allègement à hauteur de 20 % des impôts de production. «Nous avons une certitude : l’avenir de la France se conjugue avec celui de ses entreprises», ajoute-t-il. Et de conclure : «C’est à vous, chefs d’entreprise, que nous adressons ce message : nous déverrouillerons les contraintes qui pèsent sur la croissance pour vous permettre d’être les artisans d’un nouvel élan et de la grandeur économique de notre nation.»