Tombera ou ne tombera pas ? Le 8 septembre prochain, François Bayrou se soumettra à un vote de confiance à haut risque devant l’Assemblée nationale sur sa politique générale. Les principaux partis d’opposition ont déjà annoncé qu’ils ne lui accorderont pas cette confiance, mais François Bayrou continue de se battre et semble tenter le tout pour le tout. Avant un entretien exclusif accordé à RTL vendredi 5 septembre, et trois jours après celui accordé aux chaînes d’information en continu, le Premier ministre était interrogé sur RMC et BFMTV.

Pour tenter de sauver sa peau et alerter sur la situation du pays, François Bayrou a martelé qu’il ne voulait pas «crier au loup», mais s’il a mis son gouvernement en jeu, c’est avant tout «pour que tout le monde se rende compte de la situation». Selon lui, «la France est dans une situation particulière qui est une situation d’affaiblissement incroyable». Le Premier ministre n’a pas hésité à ironiser sur ceux qui veulent le voir tomber : «Les parlementaires peuvent faire tomber le gouvernement et prévoient de le faire : est-ce que ça va rendre service au pays ?», a-t-il demandé. Et d’ajouter : «Tu parles d'un exploit !»

La richesse produite va vers les créanciers

Sur ce sujet, François Bayrou a également raillé les velléités d’Olivier Faure (PS) de décrocher le poste de Premier ministre : «Olivier Faure veut devenir Premier ministre (…) Olivier Faure pense qu’il peut être Premier ministre», a-t-il lâché, déplorant sa stratégie d’écarter aussi bien La France insoumise que le bloc allant de la droite au centre dans le gouvernement qu’il souhaite. Avec quelle majorité ? «Il y a un minimum de logique dans la vie», a-t-il répondu de manière cinglante.

Si François Bayrou assure ne pas être «défaitiste», il a surtout alerté sur l’Etat de la dette du pays. Rappelant que la France crée chaque année 50 milliards d’euros de richesses, «un peu plus que l’année précédente», cette somme est reversée vers les créanciers à l’étranger. «Il y a une hémorragie du pays (…) qui va vers nos créanciers», a-t-il martelé au micro de RMC et BFMTV.

François Bayrou ouvert à une suppression des jours fériés

Quant à la suppression des jours fériés, le sujet peut-il être réexaminé ? «Je suis prêt à examiner toute solution», a répondu le locataire de Matignon, tout en rappelant que cette mesure représentait «10% de l’effort qu’il faut faire». S’il a eu une discussion avec Les Républicains à ce sujet, «qui disent avoir possiblement des réponses pour faire autrement», il pourrait y renoncer «dès l’instant que nous aurons trouvé (une autre solution)».

Enfin, François Bayrou a défendu le durcissement de l'Aide médicale d’Etat (AME), «une mesure de bon sens», et s’est opposé à une nouvelle hausse des impôts. «Chaque fois que vous augmentez les impôts (...) vous portez atteinte au dynamisme du pays», a-t-il lancé. Quant aux dividendes, il peut y avoir «des zones de rencontre si c’est modéré et sérieux», mais il a mis en garde une nouvelle fois : «Vous ne pouvez pas déséquilibrer un pays en touchant à sa force de production.» Suffisant pour convaincre ?