
Le Premier ministre l’avait officialisé le 25 août dernier, il se soumettra à un vote de confiance le 8 septembre prochain devant l’Assemblée nationale. Une décision qui a laissé le champ libre aux remarques et critiques sur son plan d’économies et sa stratégie politique, notamment devant l’université d’été du Medef, jeudi 28 août. Lors de cet évènement, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a qualifié dès son arrivée ce vote de confiance de «suicide politique» selon BFM. Pendant le débat organisé au sein de la REF, et qui opposait plusieurs forces politiques, il a ensuite accusé François Bayrou de «faire du chantage» avec ce vote de confiance et d’imposer un dilemme, en le résumant ainsi : «moi ou le chaos». Le chef du RN en a aussi profité pour plaider de nouveau pour un retour aux urnes : «une dissolution ou la démission d’Emmanuel Macron».
À gauche, le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel était tout aussi critique, mais avec une note plus optimiste. «La France est un beau pays plein d’atouts», affaibli selon lui par les politiques menées depuis plusieurs années et par les gouvernements consécutifs d'Emmanuel Macron. Il a profité de sa prise de parole pour appeler à redéfinir «un cap nouveau» pour la France, afin de sortir des politiques «qui ont creusé le déficit, abîmé le service public et désindustrialisé la France». Manuel Bompard, coordinateur national de la France insoumise, a aussi sonné la charge contre le Premier ministre. «Il faut empêcher le budget de François Bayrou», a-t-il martelé, en insistant sur l’idée que c’est la seule façon selon lui de «changer de logique économique».
De la dette aux aides aux entreprises : des angles d’attaque variés
La cheffe des Écologistes, elle, a choisi un autre registre. Marine Tondelier a ouvert en rappelant le montant de l’augmentation de la dette publique en huit ans de mandat d’Emmanuel Macron, tout en fustigeant «43 reculs environnementaux depuis le début de l’année». Devant les huées d’une partie de la salle lorsqu’elle a abordé la question de la conditionnalité des aides aux entreprises, elle a tenu à réaffirmer qu’il fallait aider les entreprises. Elle s’est cependant montrée plutôt en opposition à l’idée d’une nouvelle dissolution «si c’est pour ne pas suivre le résultat des élections comme la dernière fois». Les Écologistes, en parallèle, ont confirmé jeudi 28 août dans un communiqué qu'ils voteraient contre la confiance le 8 septembre prochain.
De son côté, Bruno Retailleau a pointé du doigt un pays «au bord du gouffre». Pour le patron des Républicains, dont les députés voteront pour la confiance, il faut une rupture dans la politique économique et budgétaire du pays. «On est arrivés au bout d’un système. Il faudra impérativement dire la vérité aux Français : la dette, c’est un problème.» Un constat doublé par Jordan Bardella qui estime que la France «a les meilleurs joueurs du monde mais est dirigée par des ânes».

















