Quel président a instauré l’euro en France ?

L’euro a été instauré en France sous la présidence de Jacques Chirac. Mais concrètement, l’euro est issu du Traité de Maastricht (1992), signé sous François Mitterrand, qui a engagé la France dans l’Union économique et monétaire. Donc, François Mitterrand a posé les bases, mais c’est Jacques Chirac qui a concrètement instauré l’euro en France.

Pourquoi l’Union européenne a-t-elle instauré une monnaie unique ?

On distingue plusieurs raisons à l’instauration d’une monnaie unique au sein de l’Union européenne. Elles sont d’ordre politique et économique.

Unir le paysage politique européen

La création de la monnaie euro tient à la volonté d’une union politique entre les États membres de l’UE. Dès le début, la création d’une monnaie unique est vue comme un moyen d’approfondir l’intégration européenne en transférant un élément essentiel de la souveraineté des États. Pour y accéder, chaque État devait respecter les critères de convergence du Traité de Maastricht.

L’euro avait pour objectif d’améliorer la coopération entre les États et de conduire à une plus grande coordination des politiques économiques nationales.

Préserver la compétitivité des entreprises européennes

La mise en place de l’euro revêt aussi des enjeux économiques et commerciaux. À commencer par préserver la compétitivité des entreprises européennes vis-à-vis de la concurrence internationale et en particulier du dollar américain. La monnaie devait permettre de :

  • faciliter les financements en rendant plus accessibles les marchés de capitaux ;
  • supprimer les opérations de change entre les États membres ;
  • fluidifier le commerce intracommunautaire offrant ainsi de nouvelles perspectives de développement.

Stabiliser les marchés financiers

Dans les années 1970, le système de changes fixes mondial est abandonné au profit d’un système de changes flottants. Le marché intérieur européen était alors exposé à une grande instabilité monétaire. Le passage à l’euro a permis de réguler la situation financière, de faciliter les échanges et de faire baisser les prix des produits et marchandises.

De quand date la création de la monnaie euro ?

L’idée d’une monnaie unique pour l’Europe survient dès la seconde moitié du XXe siècle, dans un contexte économique incertain.

1979 : instauration du système monétaire européen

L’idée de l’euro émerge dans les années 1970. À l’époque, les marchés financiers vacillent. En cause, une succession de crises et de chocs pétroliers, ainsi qu’une incapacité des pouvoirs publics à maintenir les taux de change. Cette instabilité constitue un risque pour la politique agricole commune de l’UE. Le système monétaire européen (SME) voit alors le jour en 1979.

Le SME était basé sur un mécanisme de taux de change conçu pour maintenir les monnaies des pays participants dans une marge de fluctuation limitée. Il supposait une coordination étroite et inédite des politiques monétaires entre les États membres de l’Union européenne.

1989 : le rapport Delors et l’Union monétaire européenne

L’ambition de construire une Union économique et monétaire européenne se renforce suite à la publication du rapport Delors en 1989. Il rassemble plusieurs recommandations ayant pour objectif, entre autres de :

  • renforcer la coordination des politiques économiques ;
  • créer le système européen de banques centrales ;
  • transférer la responsabilité de la politique monétaire à une Banque centrale européenne (BCE) indépendante ;
  • introduire une monnaie unique.

En 1991, les dirigeants européens acceptent les recommandations et adoptent, lors du Conseil européen, le nouveau traité sur l’Union européenne.

1992 : signature du traité de Maastricht

Le 7 février 1992, les douze pays de la Communauté économique européenne signent le Traité sur l’Union européenne, dit Traité de Maastricht, qui marque une étape décisive vers l’intégration européenne. Ce texte consacre officiellement la création de l’Union européenne (UE) et prévoit la mise en place de l’Union économique et monétaire (UEM).

Ce dernier fait mention d’une monnaie unique, dont le nom n’est pas encore connu. On la désigne sous l’appellation d’écu.

1995 : le conseil européen de Madrid et l’adoption de l’euro

Lors du conseil européen de Madrid de 1995, les chefs d’État planifient l’instauration de la monnaie unique pour le 1er janvier 1999, au plus tard. Ils choisissent par ailleurs comme nom officiel « l’euro ». Simple et reconnaissable par tous, le terme est le même dans toutes les langues officielles de l’UE et tient compte des différents alphabets.

1998 : création de la Banque centrale européenne (BCE)

La Banque centrale européenne, BCE, est officiellement fondée en juin 1998 et installée à Francfort. Elle devient l’institution indépendante chargée de conduire la politique monétaire pour l’ensemble des pays de la zone euro. Son objectif principal est de maintenir la stabilité des prix.

1999 : naissance officielle de l’euro (phase scripturale)

L’euro devient la monnaie unique de 11 pays de l’Union européenne. À ce stade, il ne circule pas encore sous forme de billets et pièces : il existe uniquement sous forme scripturale (comptes bancaires, virements, chèques, marchés financiers). Les anciennes monnaies nationales continuent à circuler, mais leur valeur est fixée de manière irrévocable par rapport à l’euro.

2002 : mise en circulation des billets et pièces en euros

C’est le grand basculement : plus de 300 millions d’Européens voient arriver dans leur porte-monnaie les billets et pièces en euros (euro sous sa forme fiduciaire, c’est-à-dire matérialisée). En quelques semaines, le franc et les autres monnaies nationales disparaissent définitivement des transactions courantes. C’est la plus vaste opération monétaire de l’histoire moderne.

2007 : élargissement continu de la zone euro

Après la première vague de 1999 (11 pays), la zone euro s’élargit progressivement. En 2007, la Slovénie devient le premier pays de l’élargissement à adopter l’euro, suivie par d’autres (Slovaquie, Estonie, Lettonie, Lituanie…). En 2025, la zone euro compte 20 pays membres, faisant de l’euro la monnaie commune de plus de 340 millions d’Européens.

L’euro est divisé en 100 centimes : ce sont les subdivisions de l’euro qui facilitent les transactions au quotidien.

D’où vient le signe « € » pour « euro » ?

L’euro a comme symbole « € ». Visible sur les billets et les pièces, il fait référence à la fois à epsilon, la cinquième lettre de l’alphabet grec et à la première lettre du mot Europe. Sa double barre centrale symbolise la stabilité de la monnaie unique. Dès 1996, la Commission européenne présente le symbole « € » au public.

En quelle année l’euro est-il arrivé en France ?

Janvier 1999 : début du double affichage des prix en France

Au 1er janvier 1999, le double affichage des prix apparaît dans les commerces français. Au cours de ces premières années de transition, les consommateurs se familiarisent avec l’introduction de l’euro. Le taux de change est d’un euro pour 6,55957 francs. En parallèle, les pays de la zone euro émettent leurs titres souverains dans la monnaie unique.

Décembre 2001 : kits de pièces en euros

À la fin de l’année 2001, pour préparer la grande transition, les banques françaises mettent à disposition du public des sachets de pièces en euros. Chaque kit contient 40 pièces pour une valeur totale de 15,25 euros. Cela permet aux citoyens de se familiariser avec les nouvelles pièces avant leur utilisation officielle.

Janvier 2002 : mise en circulation des pièces et billets en euros

Le 1er janvier 2002, les Français peuvent pour la première fois régler leurs achats avec des pièces et billets en euros. Durant une période transitoire allant jusqu’au 17 février 2002, ils peuvent encore payer en francs, mais la monnaie rendue se fait exclusivement en euros. C’est la véritable adoption de l’euro comme monnaie dans la vie quotidienne.

Février 2012 : fin du franc

Les pièces en francs peuvent être échangées à la Banque de France et au Trésor public jusqu’au 17 février 2005. Les billets en francs restent échangeables beaucoup plus longtemps, jusqu’au 17 février 2012. À partir du 18 février 2012, le franc cesse définitivement d’avoir cours légal. La monnaie nationale qui avait accompagné la France depuis plus de deux siècles disparaît.

Quand les pays européens sont-ils passés à l’euro ?

En 1999 : les pays de la zone euro

La zone euro, ou Union économique et monétaire, est l’ensemble géographique constitué par les 20 pays de l’UE qui ont adopté l’euro comme monnaie nationale. En 1999, 11 pays européens la rejoignent, dont la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, l’Italie, l’Espagne ou encore la Finlande, puis la Grèce en 2001. Au fur et à mesure, d’autres pays les rejoignent :

  • la Slovénie, en 2007 ;
  • Malte et Chypre, en 2008 ;
  • la Slovaquie, en 2009 ;
  • l’Estonie, en 2011 ;
  • la Lettonie, en 2014 ;
  • la Lituanie, en 2015 ;
  • la Croatie, en 2023.

Le Pacte de stabilité et de croissance vise à coordonner les politiques budgétaires des États membres de la zone euro.

Suède, Bulgarie, Pologne… les pays qui ne sont pas passés à l’euro

Certains pays de l’Union européenne n’ont pas adhéré à l’euro. C’est le cas de la Suède, de la Hongrie, de la République tchèque et de la Pologne. En revanche, d’autres nations, micro-États et principautés non affiliés à l’UE ont adopté la monnaie unique, comme le Kosovo, le Monténégro, l’Andorre, Saint-Marin et Monaco, en vertu d’un accord formel.

Aujourd’hui, l’euro est la monnaie officielle de 20 des 27 États membres de l’UE et est utilisé au quotidien par environ 350 millions de personnes. Elle est la deuxième monnaie la plus importante au monde après le dollar américain.

Qui gère l’euro ?

L’euro est géré par un ensemble d’institutions européennes, mais le cœur de la responsabilité revient à la Banque centrale européenne (BCE).

La Banque centrale européenne (BCE)

La Banque centrale européenne (BCE), installée à Francfort, est l’institution chargée de conduire la politique monétaire de l’euro. Elle veille à la stabilité des prix (contrôler l’inflation, éviter la déflation) et fixe les taux directeurs, qui influencent les taux d’intérêt dans toute la zone euro. Elle supervise les banques systémiques pour garantir la stabilité financière.

Ses principales décisions sont prises par le Conseil des gouverneurs, qui réunit les membres du directoire de la BCE et les gouverneurs des banques centrales nationales.

L’Eurosystèm

L’Eurosystème, qui regroupe la BCE et les banques centrales nationales (par exemple, la Banque de France, la Bundesbank en Allemagne, la Banque d’Espagne…), est chargé de :

  • émettre les billets en euros ;
  • gérer les réserves de change ;
  • assurer le bon fonctionnement des systèmes de paiement ;
  • mettre en œuvre les décisions de la BCE dans chaque pays membre.

L’Eurogroupe

L’Eurogroupe (les ministres des Finances des pays de la zone euro) a, de son côté, un rôle politique : coordonner les politiques budgétaires et économiques pour accompagner l’action monétaire. Il se réunit de façon informelle, une fois par mois, à Bruxelles, la veille du Conseil des ministres de l’Économie et des Finances de l’Union européenne (Ecofin).

Quelles ont été les conséquences économiques du passage à l’euro pour la France ?

Plus grande stabilité monétaire

C’est la principale conséquence économique. En abandonnant le franc, la France a bénéficié de la stabilité d’une monnaie forte, adossée à la crédibilité de la BCE. L’euro a permis de limiter les risques de dévaluation et de spéculation monétaire, fréquents avant les années 1990. Cette stabilité a renforcé la confiance des investisseurs internationaux dans l’économie française.

Taux d’intérêt plus bas

L’euro a favorisé une baisse durable des taux d’intérêt, ce qui a réduit le coût de financement de la dette publique et facilité l’accès au crédit pour les entreprises et les ménages. Cela a contribué à soutenir la consommation et l’investissement, notamment au début des années 2000.

Accroissement du commerce et des investissements

La monnaie unique a supprimé les coûts de change et réduit l’incertitude liée aux fluctuations des monnaies. Cela a permis une intensification des échanges commerciaux et des investissements transfrontaliers au sein de la zone euro. La France a ainsi pu consolider sa place dans le marché intérieur européen, tout en attirant des capitaux étrangers.

Perte d’un instrument de politique monétaire nationale

La France ne peut plus décider seule de sa politique monétaire. Ces décisions relèvent désormais de la BCE, dont la priorité est la stabilité des prix, parfois perçue comme défavorable à des politiques plus interventionnistes. Ce transfert de compétence a suscité des débats sur la perte de souveraineté économique.

Quelles ont été les conséquences sociales du passage à l’euro pour la France ?

Période de confusion

Le passage du franc à l’euro a nécessité une période de transition et un temps d’adaptation. Beaucoup de Français avaient du mal à se représenter les prix en euros et à mettre en place les mécanismes d’ajustement, ce qui a alimenté un sentiment de perte de repères. Cette difficulté a particulièrement touché les personnes âgées.

Perception d’une hausse des prix

Bien que l’inflation globale soit restée modérée selon les études de l’INSEE, de nombreux consommateurs ont eu le sentiment que certains biens de la vie quotidienne (café, baguette, services) avaient augmenté avec l’arrondi psychologique lors du passage à l’euro. Ce sentiment perdure encore aujourd’hui dans l’opinion publique.

Uniformisation des transactions

L’euro a simplifié les voyages, les études, et les échanges dans les autres pays de la zone euro, supprimant le besoin de changer de monnaie et facilitant la comparaison des prix. Cette nouvelle facilité a aussi renforcé le sentiment d’appartenance à un espace économique et social commun.

Quelles ont été les conséquences politiques du passage à l’euro pour la France ?

Renforcement de l’intégration européenne

Pour la France, l’adoption de l’euro a marqué un pas décisif dans la construction européenne, illustrant la volonté de partager une partie de sa souveraineté monétaire au profit d’une intégration plus forte. Elle a aussi permis à la France de jouer un rôle central dans la définition des orientations de la zone euro, en partenariat étroit avec l’Allemagne.

Contraintes budgétaires accrues

Avec le pacte de stabilité et de croissance, la France est soumise à des règles strictes concernant son déficit et sa dette. Cela a limité sa liberté budgétaire, en particulier lors des périodes de crise (comme la crise financière de 2008 ou la Covid-19). Ces contraintes ont souvent alimenté des tensions entre la France et la Commission européenne.

Débats récurrents

L’euro est devenu un enjeu politique majeur. Certains partis l’ont critiqué comme symbole de perte de souveraineté et cause de rigidités économiques, tandis que d’autres y voient un atout incontournable de puissance et de stabilité pour la France au sein de l’Europe et face aux autres grandes monnaies mondiales (dollar américain, yuan).

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