
La taxe d’habitation, supprimée en 2023 pour les résidences principales, est revenue sur la table à l’occasion de la préparation du budget 2025 par le nouveau gouvernement de Michel Barnier. Si l’État a compensé les pertes des collectivités, évaluées à 18 milliards d’euros (source : vie-publique.fr), en leur reversant une allocation de recettes de la TVA, des élus se montrent désormais favorables au retour de cette taxe. «Je suis désolé, mais s’il faut recréer un impôt, c’est celui-là», a lâché Jean-François Copé, maire de Meaux (Seine-et-Marne), ancien député Les Républicains et ministre du Budget sous Jacques Chirac, sur le plateau de LCI dimanche 13 octobre.
Jean-François Copé qualifie la suppression de cette taxe de «grande erreur du quinquennat» d’Emmanuel Macron, qui coûterait «vingt milliards à l’État». À gauche aussi, certains députés voient d’un bon œil le retour de la taxe d’habitation : «Ce sont des moyens en moins pour la collectivité et de plus en plus de contrôle de l’État» sur leur financement, s’est plaint Éric Coquerel, député La France insoumise sur BFMTV. «La suppression de la taxe d'habitation a laissé un trou béant dans les finances des communes», a aussi déclaré David Guiraud.
Le gouvernement dit non
Plutôt que de remettre au goût du jour la taxe d’habitation, l’Association des maires de France verrait d’un bon œil la création d’une «contribution territoriale universelle». Des députés du Nouveau Front populaire avaient déposé un amendement en ce sens, samedi 19 octobre. «Il est institué une contribution territoriale universelle applicable à toute personne physique ou morale résidant sur le territoire national, quel que soit son statut ou son niveau de revenu. Elle a pour objet de contribuer au financement des services publics locaux ainsi qu’au financement de la transition écologique», stipulait le texte.
Calculée sur la base d’un montant forfaitaire, elle serait ponctionnée chez les particuliers comme les entreprises. Elle rapporterait «a minima 638 millions d'Euros en 2025», assurent les députés NFP. En revanche, du côté du gouvernement, le possible retour de la taxe d’habitation n’est pas à l’ordre du jour. Laurent Saint-Martin, nouveau ministre du Budget, estime que «revenir en arrière serait une folie fiscale» et que ce sont «vingt milliards d’Euros de pouvoir d’achat rendus à nos concitoyens».


















