Dans un contexte où la dette publique française oblige le gouvernement à de sévères ajustements budgétaires, l’État doit trouver des solutions pour compenser les 60 milliards d’euros manquants. Invité ce dimanche 13 octobre de l’émission L’Événement du dimanche sur LCI, Jean-François Copé, maire de Meaux et ancien ministre sous Nicolas Sarkozy, a proposé une solution pour alimenter les recettes des collectivités locales : le rétablissement de la taxe d’habitation, un impôt supprimé par Emmanuel Macron lors de son premier mandat.

La suppression de la taxe d’habitation a été l’une des réformes phares du locataire de l'Élysée, saluée par de nombreux ménages qui ont vu leur pouvoir d’achat augmenter. Cependant, pour Jean-François Copé, cette mesure a eu des répercussions négatives sur les collectivités locales. «Cela coûte 20 milliards d’euros à l’État», a-t-il affirmé. Selon lui, les collectivités locales ont perdu une source cruciale de financement et peinent désormais à assurer leurs missions. Selon lui, le retour de cet impôt permettrait de «faire la différence entre les collectivités bien gérées et celles mal gérées».

Permettre aux collectivités de retrouver une autonomie fiscale

La proposition de Jean-François Copé intervient alors que le débat sur le budget 2025 est pour le moins tendu. Les collectivités locales, fortement sollicitées par l’État, cherchent des moyens d’assurer leur autonomie financière tout en réduisant les dépenses. Pour Jean-François Copé, il est crucial de permettre aux collectivités de retrouver une capacité fiscale autonome. Malgré l’impopularité probable d’une telle mesure, il appelle les responsables politiques à considérer cette option comme une nécessité économique. «Dieu sait que ça me fait mal au cœur de devoir le dire puisque c’est la pire des solutions… mais il faut recréer cet impôt», a-t-il répété.

L’année 2023 fut marquée par la disparition de cet impôt local, ancré depuis des décennies dans le paysage fiscal. Et qui n’était pas anodin pour les finances publiques… La taxe rapportait, tout de même, chaque année près de 15 milliards d’euros aux communes et 7 milliards d’euros aux Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). En revanche, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires (THRS) n’a, elle, pas disparu… Les propriétaires ou usufruitiers d’une résidence secondaire y sont toujours assujettis.