Le budget 2026 est entériné, mais les critiques fusent toujours autant. Medef, grands patrons, organisations… tous se succèdent pour dénoncer les taxes imposées aux entreprises dans le cadre du projet de loi de finances 2026. Un collectif, «Trop c’est trop», a même fustigé un budget «démagogique». En première ligne : Roland Lescure. Il y a quelques jours, le locataire de Bercy restait d’ailleurs énigmatique quant au maintien, ou non, de la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises. Sera-t-elle reconduite en 2027 ? Il a répondu directement aux patrons sur BFMTV et RMC.

S’il assure être «pour les entreprises», il est en revanche «contre ce que vient de dire Bernard Arnault». Pour rappel, en marge de la présentation des résultats de LVMH, le patron du géant du luxe avait accusé l’Etat de vouloir «taxer un maximum les entreprises et donc crée du chômage» et surtout d’être «plutôt contre les entreprises». Faux donc, selon Roland Lescure, qui a précisé que «face à un risque d’instabilité politique qui était réel et face à un déficit public trop élevé, on a trouvé un compromis qui permet d’avancer, de donner de la stabilité».

«Plutôt que de râler, engagez-vous !»

Mais il a surtout lancé une petite pique à tous les patrons qui se verraient bien un jour briguer l’Elysée. «J'ai entendu dire qu'il y avait un certain nombre de chefs d'entreprise qui voulaient être président de la République», a-t-il rappelé, avant de lancer : «Un, la stabilité politique a une valeur, donc intégrez-la. Et deux, j'allais dire 'Plutôt que de râler, engagez-vous'.» Roland Lescure sait bien qu’ils «ne le seront pas tous» et il se satisfait d’ailleurs de voir des «chefs d'entreprise qui s'engagent dans la chose publique en proposant des idées».

Le locataire de Bercy a pris pour exemple son propre cas, alors qu’il était «dans le milieu des affaires pendant des années», puis en 2017, il s’est engagé. «J'espère que d'autres vont le faire en 2027 parce que les défis sont énormes.» Roland Lescure considère que la France «meurt» aujourd’hui du fait que «la présidentielle est la rencontre d’un homme et d’un peuple». Il faut, selon lui, que ce soit celle «d’une équipe, de gens qui s’engagent, sur un programme».