Les prix des carburants vont-ils s’envoler ? La crainte est bien réelle en France depuis le début des frappes au Moyen-Orient, notamment parce que le détroit d’Ormuz a été fermé par l’Iran. Très rapidement, le baril de pétrole a dépassé les 85 dollars, mais le gouvernement et les professionnels du secteur ont déjà tenté de rassurer : inutile de se précipiter à la pompe, il n’y aura pas, pour l’heure, de pénurie. Invité de Franceinfo ce mercredi matin, le ministre de l'Economie, Roland Lescure, a mis la pression sur les distributeurs pour éviter les abus.

Pourquoi ? Parce que quelques minutes plus tôt, le président de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage, Emmanuel Ampaud, laissait entendre qu’on allait «approcher des deux euros le litre». Une sortie qui a fait tiquer Roland Lescure. «Attention, le prix moyen hier, c’était 1,75 euro, 1,76 euro. Evidemment la moyenne peut cacher des disparités (…) je ne tolérerai pas qu’on ait des hausses de prix à la pompe, qui aillent au-delà de ce que la hausse du pétrole justifie», a lancé le locataire de Bercy.

Des hausses, mais «raisonnables»

Dans la foulée, le ministre de l’Economie a annoncé des contrôles dans les jours à venir. «J’ai demandé à la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) de mener des contrôles, d’être sur le terrain, de faire des mesures et de s’assurer qu’on soit sur des hausses de prix raisonnables compte tenu de la hausse de prix du baril, qui est aussi raisonnable.» Si les distributeurs abusent, alors «ils entendront parler de moi», a lâché Roland Lescure.

Le sujet est si brûlant que Bercy a annoncé dans la journée que le ministre allait recevoir les distributeurs de carburant ce jeudi 5 mars afin de «s'assurer» qu'ils ne pratiqueront pas de hausses exagérées des prix, rapporte BFM. «Roland Lescure, Serge Papin et Maud Bregeon recevront ce jeudi 5 mars à 11h les distributeurs de carburant à Bercy pour échanger avec eux sur la situation et s'assurer que l'évolution des prix à la pompe correspond à l'évolution des prix du baril de pétrole actuellement observée», précise Bercy.

Le ministère de l’Economie a également précisé que les contrôles promis par Roland Lescure le matin seraient «menés au quotidien et sont effectués à distance grâce aux remontées journalières». Pour Roland Lescure, les hausses observées à ce jour sont «normales compte tenu de la hausse du prix du pétrole». Toutefois, il a répété qu’il fallait «garder son sang-froid», car «il n'y aura pas de pénurie nationale».