
Les kinésithérapeutes seront dans la rue mardi 1er juillet 2025. À l’appel de leurs syndicats, la profession se mobilise pour protester contre le report de la revalorisation de leurs honoraires. Initialement attendue pour entrer en vigueur au 1er juillet, cette hausse a été gelée par le comité d’alerte de l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam). En cause ? Des dépenses plus élevées que prévu.
Les kinés attendaient cette revalorisation de leurs honoraires de pied ferme. «Depuis 12 ans, on n’a pas eu de vraie revalorisation», avance Chris Maroun, kinésithérapeute et délégué départemental du syndicat national des masseurs kinésithérapeutes rééducateurs. La profession avance avoir perdu en 10 ans, 20% de son pouvoir d’achat : «Les honoraires n’ont quasiment pas évolué et l’inflation a touché durement nos cabinets», justifie dans un communiqué la fédération française des masseurs kinésithérapeutes rééducateurs (FFMKR), le premier syndicat représentatif des kinés.
Pas de revalorisation pour les kinés mais des contreparties qui s’appliquent bien
La revalorisation prévoyait une augmentation d’environ 40% des actes des kinés, ceux les plus fréquents, d’un montant de 1,33 euro. Les honoraires pour l’acte de rééducation à la déambulation des personnes âgées et pour les actes de balnéothérapie devaient augmenter respectivement de 5,26 euros et 2,86 euros. Car si les revalorisations sont décalées, «les contreparties, décidées il y a deux ans, sont toujours en cours», souligne Chris Maroun qui dénonce une «double peine». L’accord prévoyait une «extension du zonage mis en place l’année dernière, une complexification de la nomenclature, déjà entrée en vigueur», affirme le kiné qui explique que la profession est passée «d’une trentaine d’actes à 84». Des mesures pour les jeunes diplômés seront appliquées à compter de 2027 : ils seront désormais «dans l’obligation d’effectuer deux années dans une zone dite sous-dotée», explique le professionnel.
Le 1er juillet, les kinés seront rejoints par les autres professions concernées par ce gel des revalorisations d’honoraires comme les dentistes et les médecins spécialistes ainsi que les orthoptistes, les audioprothésistes et les ambulanciers. Face à «la pression financière croissante», le SNMKR dit observer depuis plusieurs mois «une augmentation du recours aux dépassements exceptionnels». «Cette tendance sera bientôt incontrôlable. il nous sera impossible de contenir une explosion de ces dépassements, non pas par choix idéologique mais simplement pour continuer à exercer dignement notre métier, dans des conditions acceptables, et garantir aux patients un accès aux soins de qualité», argumente le syndicat dans un communiqué. Les organisations syndicales demandent de revoir ce gel des revalorisations des honoraires et plus largement à réfléchir à la création d’un «espace de liberté tarifaire de manière encadrée».
Les kinésithérapeutes demandent également le déploiement de «l’accès direct» sur l’ensemble du territoire français. Actuellement, pour consulter un kiné, il faut d’abord passer par la case médecin généraliste. Avec cette mesure, les syndicats espèrent une baisse des «imageries, des médications inutiles et des consultations médicales», avance Chris Maroun. «Nous refusons d'être les variables d’ajustement d’une politique budgétaire à court terme. Il est temps de respecter ceux qui soulagent, accompagnent et rééduquent des millions de Français chaque année», affirme le SNMKR.


















