Fini Microsoft ! D’ici la fin de l’année, le Health Data Hub, grand entrepôt français de données de santé pour la recherche, ne sera plus hébergé par la multinationale informatique américaine. Dans un contexte de souveraineté économique, numérique et peut-être même politique, le gouvernement va confier l’hébergement de ces données de santé à Scaleway, a appris BFM. Spécialisée dans les services de cloud computing et d’hébergement, la société française a été fondée par Xavier Niel en 1999 et n’est autre qu’une filiale (à 94,8%) du groupe Iliad. Concurrent d’OVHcloud, la plateforme s’est réjouie de ce choix.

«Nous sommes fiers d'avoir été retenus par la Plateforme de données de santé (PDS) à l'issue d'un processus de sélection extrêmement compétitif», a expliqué auprès de l’AFP, le directeur général de Scaleway, Damien Lucas. Pour lui, c’est également «un symbole» et «un signal envoyé à tous les acteurs de la santé et, au-delà, à tous ceux qui se font une certaine idée du cloud». Il a ajouté : «Une alternative européenne crédible et compétitive existe.» Cette décision n’est pas une surprise. En début d’année, le gouvernement avait annoncé son intention de changer d’hébergeur et mettre de côté Microsoft.

Un label à obtenir

Dans un communiqué, le Groupement d'intérêt public (GIP) explique que «la migration vers un cloud souverain marque une étape importante pour la Plateforme de données de santé (PDS)» et surtout qu’elle devrait «accélérer la mise à disposition des données de santé aux acteurs de la recherche et de l'innovation». Mais la France veut surtout s’affranchir des géants de la tech, alors qu’aux Etats-Unis, les acteurs américains du cloud peuvent être obligés de fournir à l’administration des données qu’ils détiennent, et ce partout dans le monde.

Toutefois, pour obtenir ce contrat, Scaleway a dû entamer des démarches exigeantes, comme l’obtention de la qualification SecNumCloud. Ce label, délivré par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), doit garantir la sécurité de l'hébergement face à toute ingérence extra-communautaire sur les données. Autrement dit, il exclut toutes les entreprises de la tech américaine. «Cette migration s'inscrit dans une démarche engagée de longue date pour maintenir un haut niveau de sécurité et de confiance à l’ensemble des utilisateurs de la plateforme», s’est félicité la directrice du Health Data Hub, Hela Ghariani.

Une étape majeure pour la suite

Si ce projet de Health Data Hub a été lancé dès 2019, il a subi les foudres des opposants au choix de Microsoft comme hébergeur. Par exemple, la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) n’a jamais donné son accord définitif. Pour rappel, cette plateforme héberge le Système national des données de santé (SNDS), une base de données servant à la recherche sur la santé des Français. Or, cela nécessite une migration de toutes les données de l’Assurance maladie. Pour Hela Ghariani, ce choix «marque donc une étape importante». La plateforme de données de santé pourra ainsi gérer en autonomie une copie de la base principale du SNDS entre la fin de l’année 2026 et le début de l’année 2027.