
La succession du gouverneur de la Banque de France s’accélère et s’annonce plus ouverte que prévu. Après l’annonce, le 9 février, du départ anticipé de François Villeroy de Galhau, qui quittera ses fonctions début juin, Emmanuel Macron doit désormais désigner un nouveau responsable à la tête d’une institution centrale pour la politique monétaire et financière du pays. Parmi les profils évoqués, celui d’Emmanuel Moulin, actuel secrétaire général de l’Elysée, apparaît en bonne position. Ancien haut fonctionnaire passé par plusieurs cabinets ministériels, il incarne un profil proche du pouvoir exécutif.
Une proximité qui suscite toutefois des réserves au Parlement, où certains élus s’interrogent sur l’indépendance du futur gouverneur. Au-delà de ce nom, plusieurs autres profils circulent, dont certains pourraient ouvrir une perspective inédite : la nomination d’une femme à la tête de la Banque de France, une première dans l’histoire de l’institution. Plusieurs femmes issues des sphères économiques et financières sont régulièrement citées, rapporte BFM.
Un tournant historique pour ce poste stratégique ?
Agnès Bénassy-Quéré, actuelle seconde sous-gouverneure de la Banque de France, ou encore Laurence Boone, ex-économiste en chef de l’OCDE et aujourd’hui à la tête de la banque Santander en France, figurent parmi les noms avancés. Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’Autorité des marchés financiers (AMF), est également mentionnée. A ce stade, aucune de ces personnalités ne semble toutefois engagée dans une véritable campagne.
Dans un contexte institutionnel serré, les délais et les équilibres politiques pourraient également conduire à une période d’intérim. En cas de vacance prolongée, les textes prévoient que l’un des sous-gouverneurs assure la présidence du conseil général. La décision finale d’Emmanuel Macron, qui devra être validée après audition devant les commissions des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat, dira si la Banque de France s’apprête à vivre une continuité dans la haute administration… ou une rupture historique avec la nomination de sa première dirigeante.


















