Pour la première fois depuis 1984, l’inflation est de retour. Et peut-être pour longtemps. La faute au Covid-19 et à l’offensive russe en Ukraine qui déstabilisent l’économie mondialisée. Dans un premier temps, des goulots d’étranglement, y compris de main-d’œuvre, sont apparus lorsque l’activité est repartie fortement après les confinements. Les prix du transport en conteneurs et de certains composants se sont par exemple envolés. Au même moment, des accidents climatiques ont limité les récoltes agricoles dans de nombreux pays, comme au Canada. Enfin, la guerre a entraîné une explosion des prix de l’énergie et de certaines matières premières en provenance de la zone belligérante. Le mal est fait: tous les secteurs sont désormais contaminés d’une façon ou d’une autre.

Dans la zone euro, la hausse des prix à la consommation vient d’atteindre 8,6% en juin. Et la barre des 10% pourrait être bientôt dépassée, selon certains économistes. Si les salaires et les revenus suivent, ce qui semble inévitable, la mécanique s’auto-alimentera.

De quoi raviver d’amers souvenirs. Depuis l’an zéro, des poussées de fièvre inflationniste ont déstabilisé, parfois pendant plusieurs dizaines d’années, les pays ou les zones géographiques concernés. De la faillite de l’Empire romain au premier choc pétrolier en passant par la république de Weimar et l’effondrement du Zimbabwe… ces secousses n’ont pas toujours eu les mêmes causes, ni les mêmes intensités. Elles n’ont donc pas appelé les mêmes remèdes. Mais le retour à la stabilité a toujours été douloureux. Récit.

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