
Les parents peuvent souffler : la rentrée scolaire 2024 devrait se dérouler sans embûches en ce qui concerne le transport de leurs enfants. C’est la conclusion d'une réunion tenue mercredi 28 août entre les ministres des Transports, de l’Éducation nationale, du Travail, de la Santé et des Solidarités, et les acteurs du transport scolaire. Lors de cet échange, qualifié de «fructueux» par Patrice Vergriete, ministre des Transports, un plan d’action a été discuté pour pallier le manque de conducteurs de car. Si en 2022, lors de la reprise post-covid, 8 000 chauffeurs manquaient à l’appel, ce chiffre est toutefois tombé à 3 000 cette année.
Bien que la pénurie diminue, «il des chefs d’entreprises de transport scolaire et certains de leurs salariés sédentaires sont obligés de prendre le volant pour assurer le service», déplore Eric Breton, directeur des études de l’Anateep (association nationale des transports scolaires). Des «difficultés persistent sur tout le territoire, particulièrement dans les zones frontalières où les salaires plus attractifs des pays voisins, comme la Belgique, la Suisse, le Luxembourg et l'Allemagne, pour les conducteurs de cars scolaires, exercent une pression supplémentaire», observe Ingrid Mareschal, directrice générale de la fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV). Par ailleurs, les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, qui ont mobilisé plusieurs milliers de conducteurs cet été pour convoyer les athlètes et leurs délégations, complique la disponibilité des chauffeurs à la rentrée et pourrait créer des perturbations jusqu’à la fin des vacances de la Toussaint.
Des mesures pour rendre la profession attractive auprès des jeunes
Pour résorber la pénurie de chauffeurs, plusieurs mesures ont été mises en place depuis la rentrée 2022 afin de rendre la profession plus attractive. L’amélioration des horaires décalés, l’expérimentation d’un cumul d’emplois dans la fonction publique pour compléter les heures non travaillées et la mise en place d’une semaine de travail de quatre jours font partie des initiatives. «Il est vrai qu'aujourd'hui nous sommes beaucoup plus à l'écoute des besoins des conducteurs, pour améliorer leur bien-être au travail», reconnait Xavier Alberola, directeur des ressources humaines et des opérations à Transdev France, réseau mondial de transport public. S’ajoute la question du salaire, nerf de la guerre : avec un salaire moyen de 800 euros par mois pour un chauffeur à temps partiel, le secteur peine à recruter. Ingrid Mareschal souligne toutefois l’important effort réalisé ces trois dernières années par les employeurs, qui ont revalorisé de 20% les salaires.
Parallèlement, des formations spécifiques ont été lancées en 2023. «Il est crucial pour nous d’attirer des jeunes gens sortis de leurs études car notre profession tourne majoritairement grâce à la reconversion. Cela signifie que nous devons régulièrement faire face à des départs à la retraite», précise Ingrid Mareschal. L’âge moyen d’un conducteur de car scolaire étant de 50 ans. «En 2023, nous avons formé près de 1 900 jeunes alternants, et que nous avons inséré dans les métiers du transports de voyageurs. Mais, je tiens à préciser que nous voulons continuer à employer des seniors et sommes très heureux de pouvoir le faire. Toutefois, il faut pouvoir trouver un juste équilibre avec l'arrivée d'une nouvelle génération», nuance Xavier Alberola. L'Etat a autorisé en 2022 à abaisser l’âge d’obtention du permis D de 21 ans à 18 ans, comme c’est le cas pour le permis poids lourds, pour les jeunes qui suivent une formation professionnalisante.
Enfin, la réduction des délais pour obtenir les permis de conduire, grâce à la dématérialisation, représente un autre pas en avant pour attirer les conducteurs. Un décret publié au début de l’été prévoit que les nouveaux conducteurs reçoivent une attestation valable lors des contrôles de police en attendant leur permis physique, «une mesure qui devrait simplifier grandement leur entrée en fonction», espère Ingrid Mareschal. «Le système actuel de validation des permis nous dessert. Certaines recrues sont obligées d’attendre en moyenne deux mois et demi avant de recevoir leur sésame, neuf mois dans le pire des cas. On en a perdu un certain nombre, qui ne pouvaient pas se permettre d’attendre sans travailler», déplore-t-elle.



















