
«Le travail doit mieux rémunérer», avait lancé le président de la République, mardi 13 mai lors de son interview sur TF1, évoquant une possible hausse des taxes de la consommation pour compenser une baisse des cotisations. Une semaine plus tard, au micro de RMC, le président du Medef Patrick Martin plaide pour cette même piste, celle d’une TVA sociale pour baisser les charges des entreprises. Dans son cas, le patron du Medef parlerait plutôt d’une «TVA pour l'emploi et la compétitivité».
Patrick Martin a ainsi vu sa proposition partagée «depuis l'été dernier» et «dans une forme d'indifférence générale» être réactivée par Emmanuel Macron. Ce mardi 20 mai, il assure même que cela bénéficiera tant aux salariés qu'aux entrepreneurs, pas franchement optimistes ces derniers temps. 84% des adhérents du Medef se disent «inquiets des perspectives économiques», selon une enquête interne du syndicat patronal. Sur RMC, Patrick Martin nuance aussi. Il trouve que les investissements annoncés à l'occasion de Choose France, dont les 37 milliards d’euros d’investissements étrangers, «envoie des messages très positifs» à ces investisseurs hors de France.
TVA sociale : à l’inverse du Medef, la CGT plutôt opposée
«On doit générer de la croissance, et tout le monde en bénéficiera», a-t-il également assuré pour valoriser cette taxe. Patrick Martin a alors appuyé son argument en citant l'exemple de l'Allemagne, qui a augmenté la TVA sans trop d'impact sur l'inflation : «L'économie digère ça assez rapidement», promet-il, concluant que c'est «vertueux dans tous les sens».
Si le Medef, par son patron, montre son enthousiasme sur la proposition du président de la République, les syndicats sont globalement opposés à cette «TVA sociale». Notamment la CGT de sa secrétaire générale Sophie Binet. Elle a estimé, le 16 mai dernier, que cette solution revenait, «encore une fois», à céder «à tous les caprices du patronat». Cette piste «ferait encore baisser le pouvoir d’achat des salariés», affirmait Sophie Binet.


















