Face à un déficit public préoccupant, le potentiel de 211 milliards d’euros d’aides aux entreprises est régulièrement évoqué comme un levier d’économies. Un chiffre contesté, mais souvent brandi par les oppositions et les syndicats, qui appellent à une réforme de ces dispositifs pour contribuer au redressement des finances publiques. Invité ce lundi 29 septembre sur BFMTV, Patrick Martin, président du Medef, a reconnu que certaines aides pourraient effectivement être revues.

Mais il appelle à la prudence, notamment concernant celles liées à l’apprentissage. «Il faut être très précautionneux quand on parle de tout ça», a-t-il prévenu, en rappelant que la baisse des aides de l’Etat avait entraîné une chute significative du nombre de contrats d’apprentissage. Pour autant, le patronat n’est pas fermé à l’idée de revoir certains dispositifs. Le Medef «a fait des propositions qu'on appelle l'effacement parallèle. On dit, ok, on supprime un certain nombre d'aides, mais à due concurrence, à l’euro près», a-t-il expliqué.

«2 270 dispositifs d’aides… c’est absurde»

L’objectif ? Réduire les aides jugées inefficaces tout en baissant la fiscalité de base, en particulier les impôts de production, que le Medef qualifie d’«aberration» pénalisant la compétitivité de l’économie française. Patrick Martin a également souligné le paradoxe : malgré l’ampleur des aides existantes, les entreprises françaises restent parmi les plus taxées au monde.

Il pointe du doigt un système devenu illisible : «J’ai découvert qu’il y avait 2 270 dispositifs d’aides… c’est absurde. Et d’ailleurs, il y a des coûts induits pour la collectivité, mais pour les entreprises elles-mêmes», a-t-il déploré.