
Combien coûtent réellement les étudiants étrangers en France ? Une question délicate à laquelle il est difficile de répondre tant les données chiffrées ont manqué ces dernières années. Toutefois, depuis 2022, l’Observatoire de l’immigration et de la démographie tente de dévoiler des chiffres clés sur le sujet. Invité sur le plateau de CNews mercredi 15 avril, son directeur, Nicolas Pouvreau-Monti, a donc tenté de répondre à cette question face à Pascal Praud dans «L'Heure des Pros». Selon lui, «le coût net de l'immigration étudiante est estimé à un milliard d'euros chaque année».
Comment le think tank est-il parvenu à un tel chiffre ? D’abord, Nicolas Pouvreau-Monti rappelle que tous les étudiants étrangers ont «droit aux aides au logement», à savoir les APL. Et plus précisément, sur ce milliard d’euros, il y aurait «plusieurs centaines de millions d’euros d’allocations et de bourses sur critères sociaux». Selon celui, qui est aussi l’auteur du livre Immigration, Mythes et réalités, cela «crée un effet de saturation sur des aspects de la vie étudiante qui sont déjà très compliqués».
Plus de la moitié des aides sociales d’urgence ?
Quels sont-ils ? Nicolas Pouvreau-Monti cite «un tiers des places en Crous utilisés par les étudiants étrangers» ou encore «plus de la moitié des aides sociales d’urgence» des mêmes Crous qui leur reviennent. Alors que la précarité étudiante est un «sujet fort», le directeur de l’Observatoire y voit quelque chose d’«assez archétypal de ce que produit notre politique d’immigration».
Selon lui, cela «rajoute un degré de saturation et de crise sur des aspects de la vie collective qui vont déjà mal», à savoir l’université, l’école ou encore le système de santé. Pour rappel, dans le cadre du budget 2026, les étudiants étrangers devraient bientôt être privés d’APL. En février, le Conseil constitutionnel a validé l’exclusion des étudiants non européens et non boursiers des APL.
Même si la mesure a été vivement critiquée par le PS, LFI ou encore les Ecologistes, elle vise à réserver «une préférence nationale». Par la suite, la Fondation pour le logement, ainsi qu’une quinzaine d’associations et de syndicats étudiants, avaient alerté sur les conséquences d’une telle décision, pouvant leur faire perdre, selon elles, entre 150 et 250 euros par mois.




















