Le nombre de chômeurs en France a augmenté au troisième trimestre, selon les données publiées par l’Insee mardi 28 octobre. Cette progression s’explique en partie par l’inscription de nouveaux publics à France Travail et par des modifications dans les règles de radiation. Sans ces effets, le chômage serait légèrement en recul, précise l’institut. Pour Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, ces chiffres traduisent avant tout une réalité préoccupante. Invitée de la matinale de RTL ce jeudi 30 octobre, elle a martelé : «Les chiffres sont sans appel. Il faut arrêter d’inventer des histoires pour essayer de les minorer.»

La hausse concerne toutes les catégories de demandeurs d’emploi et constitue selon elle «une tendance lourde sur toute l’année». La dirigeante syndicale s’est également alarmée de l’explosion du nombre de plans sociaux en France. Depuis les élections européennes de juin 2024, la CGT a recensé 444 plans sociaux, dont 325 touchant des sites industriels. «On est aujourd’hui à 444, mais c’est un recensement très partiel. Il nous en manque énormément, c’est juste le petit bout de l’iceberg», a-t-elle averti.

La CGT dénonce «une catastrophe sociale» et «un fiasco économique»

«On a été les premiers à dire que nous sommes dans un moment de désindustrialisation massive. Et maintenant, tout le monde nous donne raison puisque les chiffres officiels montrent qu'il y a maintenant plus de fermetures d'usines que d'ouvertures», a ajouté Sophie Binet, soulignant que ces plans sociaux menacent «plus de 300 000 emplois». La CGT dénonce «la politique de l’offre de Macron», qu’elle juge «non seulement très coûteuse», mais aussi être «une catastrophe sociale» et «un fiasco économique». «Notre industrie plie bagage», a fustigé la syndicaliste, dénonçant la distribution massive d’aides publiques aux entreprises – 211 milliards d’euros selon elle – «sans conditions ni contreparties».

Sophie Binet doit rencontrer ce jeudi le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, pour réclamer un changement de cap. «La première demande que je vais lui faire, c’est de changer de politique économique et industrielle. Ce n’est plus possible d’avoir une politique du carnet de chèques (…) Quand on est aidé, on n’a pas le droit de licencier», a-t-elle insisté.