
Le slogan est désormais bien connu : «You're fired.» Utilisé par Donald Trump depuis son arrivée au pouvoir à la suite de licenciements dans l’administration, il a été remis au goût du jour la semaine dernière quand le président américain aurait menacé de licencier le patron de la Fed, Jerome Powell, indique BFMTV. La rumeur avait été lancée par des élus républicains, puis le New York Times a assuré que le président américain avait même rédigé une lettre, montrée à des élus lors d’une réunion jeudi 17 juillet.
Une manière de mettre la pression sur la présidence de la Fed qu’il critique ouvertement depuis plusieurs mois, affublant même Jerome Powell du qualificatif peu flatteur de «Trop tard». Mais dernièrement, il a utilisé un autre argument pour l’attaquer : des fonds de rénovation des bâtiments de la Fed à Washington évalués par le Bureau de gestion et du budget (OMB) de la Maison-Blanche à 2,5 milliards de dollars. «Je n'aurais pas imaginé qu'il allait dépenser 2,5 milliards de dollars pour construire une petite extension à la Fed», a lancé Donald Trump depuis la Maison-Blanche, évoquant même une «fraude».
Les taux inchangés depuis le début de l’année
Puis le président américain s’est interrogé : «Est-ce une raison pour justifier un licenciement ? Je pense que ça peut l'être.» Toutefois, interrogé lors d’un point presse, Donald Trump a temporisé, reconnaissant qu’il «[faisait] du mauvais boulot», mais il ne «parlait pas» de licenciement. S’il «n'écarte rien, c'est très improbable», a-t-il ajouté. Dans son viseur aussi : le fait que Jerome Powell n’ait pas baissé les taux d’intérêt de la banque centrale, raison pour laquelle il le surnomme «Trop tard Powell».
Selon Donald Trump, l’inflation n’aurait pourtant aucune influence. Pourtant, elle persiste, ce qui a poussé la Fed à maintenir ses taux inchangés depuis le début de l’année. Mais en réalité, Donald Trump pourrait-il licencier le patron de la Fed ? En théorie non, et ce, par garantie d’indépendance. Le président des Etats-Unis peut le nommer, mais il pourrait aussi le destituer sous plusieurs conditions : en cas de malversations, de manquement au devoir ou d’«inefficacité», estime auprès de l’AFP Lev Menan, professeur de droit de l'Université de Columbia.
Donald Trump devrait fournir des preuves
Toutefois, comment le prouver ? «En l'état, il n'existe aucune preuve, laissant envisager une mauvaise gestion dans le cadre de cette rénovation», poursuit le professeur. En outre, si Jerome Powell recevait une lettre de licenciement, il pourrait la contester légalement. Surtout, les risques d’un tel licenciement seraient énormes. Après ses déclarations, le rendement des emprunts d'Etat américains à trente ans s'est tendu, franchissant le seuil symbolique des 5%, indique BFMTV.
Selon le chercheur pour le groupe de services financiers ING, Padhraic Garvey, ce serait aussi «un événement sans précédent pour les marchés financiers». Il ajoute : «On risque de voir les marchés chuter et un mouvement vers les valeurs refuges.» En outre, Donald Trump ne parviendrait pas forcément à abaisser les taux en cas de départ de Jerome Powell, les décisions étant prises par le Comité de politique monétaire (FOMC).



















