Airbus a connu un très faible premier trimestre 2026, caractérisé par une baisse significative de ses livraisons d’appareils. Après en avoir livré 136 au premier trimestre de 2025, Airbus a livré 114 appareils au premier trimestre 2026. Cela s’est directement traduit par une diminution de 7% de son chiffre d'affaires, qui est tombé à 12,7 milliards d’euros, observe Antoine Fraysse Soulier, analyste de marché pour eToro. Son EBIT (le résultat opérationnel, ou bénéfice avant intérêts et impôts) a quant à lui chuté de plus de 50% pour atteindre 300 millions d’euros. Il en est de même pour le résultat net, qui a subi une baisse de 26%.

Une tendance similaire peut encore être relevée pour le flux de trésorerie disponible, négatif de 2,5 milliards d’euros, soit 800 millions d’euros de moins que les estimations du consensus des analystes financiers. Le principal écart avec les prévisions estimées du groupe concerne Airbus commercial, dont l’EBIT a reculé de 84%, à 81 millions d’euros, contre 158 millions d’euros attendus. La division Helicopters d’Airbus se trouve également en difficulté, loin des anticipations attendues. La section Defence and Space constitue le seul élément positif puisque ses revenus se sont accrus de 7% et sa rentabilité s’améliore.

Les résultats faibles d’Airbus restent néanmoins à nuancer, selon l’analyse financière

Toutefois, même si les chiffres d’Airbus peuvent a priori inquiéter, la majeure partie de ce décalage s’explique par des facteurs exceptionnels que connaît la firme (comme le blocage de la livraison de 20 avions à Tianjin par les autorités chinoises) ou bien des éléments saisonniers renforcés, causés par le décalage livraison-production. Les encaissements d’Airbus sont en effet directement liés à son calendrier de livraisons.

Étant donné que l’entreprise accumule des stocks d’appareils attendant d’être livrés et qu’elle est en parallèle affectée négativement par des tensions dans sa chaîne d'approvisionnement (il est notamment question d’une pénurie de moteurs du constructeur américain Pratt & Whitney, qui affecte Airbus), les montants du chiffre d’affaires et du résultat net ont effectivement baissé.

Au-delà du bilan difficile du premier trimestre 2026 d’Airbus, ses moteurs de croissance restent allumés

Malgré ces tensions à court terme, les objectifs de 2026 d’Airbus sont maintenus et la dynamique commerciale du groupe est toujours aussi avérée. La révision à la baisse des prévisions et perspectives d’Airbus, crainte par les investisseurs, n’aura pas lieu. L’avionneur vise toujours 870 livraisons, accompagnées d’un EBIT de 7,5 milliards d’euros et d’un flux de trésorerie disponible élevé à 4,5 milliards d’euros. Le nombre de moteurs attendus d’être livrés pour 2026 par Pratt & Whitney reste lui aussi inchangé. Les objectifs intègrent seulement une posture plus prudente en réponse aux récents problèmes de pénurie.

Aussi, il ne faut pas que les chiffres du premier trimestre 2026 occultent la dynamique commerciale d’Airbus, qui continue de performer. Le groupe a reçu 398 commandes sur ce premier trimestre seulement, soit quasiment le double de l’an passé à la même période. Le carnet de commandes d’Airbus, qui s’élève à plus de 9 000 appareils, lui fournit une visibilité inédite sur les décennies à venir en sécurisant plusieurs années d’activité.

Quel potentiel estimé en Bourse pour les actions Airbus, aujourd’hui ?

Ainsi, Airbus n’est pas à court de commandes : son principal enjeu aujourd’hui est simplement de transformer la demande qui lui est adressée en livraisons aux clients, et, de ce fait, en cash, selon eToro. À ce titre, Yan Derocles et Olfa Taamalla, analystes d’ODDO BHF, ont une opinion favorable sur le potentiel de hausse de l’action Airbus en Bourse. Ces derniers estiment que les anticipations de surperformance sur les actions Airbus méritent d’être maintenues et que l’action Airbus devrait mieux faire que son indice de référence. L’objectif de cours reste en effet fixé à 224 euros.

De plus, selon eux, la baisse du cours depuis janvier reflète déjà le mauvais premier trimestre, et les premiers signaux opérationnels montrent une amélioration progressive depuis mars. Les bénéfices par action (BPA) d’Airbus devraient progresser d’environ 21% par an entre 2026 et 2030, et Airbus est attendu sur une génération cumulée de presque 44 milliards d’euros de flux de trésorerie positif.

Ainsi, malgré un début d’année 2026 compliqué, les analystes estiment que la valorisation des actions Airbus «offre un point d’entrée particulièrement intéressant» pour un investisseur en Bourse, compte tenu de l’anticipation d’un ratio cours sur bénéfices 2027 (P/E, traditionnelle jauge de valorisation des actions) de 18,9, d’un VE/EBIT (valeur d’entreprise, par rapport à sa capacité bénéficiaire opérationnelle) de 14,8 ainsi que d’un FCF yield (rendement du flux de trésorerie disponible, capacité de l’entreprise à restituer des liquidités à ses investisseurs en pourcentage de la valeur) de 5,4%.

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