
Derrière la performance exceptionnelle de Safran, véritable «machine à cash de l’aéronautique», se cache «un modèle redoutablement efficace, souvent sous-estimé, celui d’un industriel capable de transformer chaque moteur livré en rente de long terme», juge Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marchés chez eToro. En effet, si le CFM56, co-développé avec GE Aerospace, reste le moteur le plus vendu au monde, sa véritable valeur ne réside pas dans sa vente initiale, mais dans son exploitation, selon l’expert du courtier. Chaque heure de vol génère des revenus récurrents via la maintenance, les pièces de rechange et les services, faisant de l’après-vente le véritable cœur économique de Safran.
La première grande force de Safran «réside dans une visibilité exceptionnelle sur ses revenus, adossée à une base installée massive. La seconde réside dans sa capacité à préparer l’avenir sans sacrifier le présent», fait valoir Antoine Fraysse-Soulier, qui souligne que le Leap, qui équipe les Airbus A320neo et Boeing 737 MAX, monte en puissance et prendra progressivement le relais d’ici la fin de la décennie. En attendant, Safran «bénéficie d’un alignement des planètes, à savoir une activité historique encore très rentable et une nouvelle génération de moteurs en forte accélération», souligne l’analyste.
Safran va-t-il continuer à souffrir en Bourse des craintes sur la guerre avec l’Iran ?
Pourtant, depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les actions Safran ont reculé d’environ 15%, illustrant un décalage classique entre fondamentaux et perception de marché. Safran «n’est pas perçu comme une valeur de défense pure. Le militaire, bien que stratégique avec notamment la motorisation du Rafale, reste minoritaire dans le chiffre d’affaires. Le marché continue donc de considérer Safran avant tout comme un proxy du trafic aérien mondial», relève Antoine Fraysse-Soulier.
Or, ce prisme change radicalement la lecture du conflit. La hausse des prix du pétrole, principale conséquence économique immédiate des tensions géopolitiques liées à la guerre avec l’Iran, «pèse sur les compagnies aériennes en comprimant leurs marges et en augmentant leurs coûts d’exploitation. Cela alimente les craintes d’un ralentissement du trafic aérien ou de reports de capacités. Pour Safran, dont le modèle repose largement sur les heures de vol et donc sur les revenus de maintenance, cette variable est centrale», souligne l'expert de eToro. Moins d’activité aérienne signifie mécaniquement moins de flux dans l’après-vente, cœur de sa rentabilité.
Cette lecture de court terme explique largement la correction en Bourse sur les actions du motoriste coté au CAC 40, d’autant qu’en Bourse, les actions Safran sortent d’un cycle particulièrement favorable (en Bourse, les actions Safran ont signé une hausse de 98% en trois ans !), marqué par «une reprise rapide du trafic post-Covid et une expansion des marges. Dans ce contexte, le conflit agit comme un catalyseur de prises de bénéfices et de rotation sectorielle», explique Antoine Fraysse-Soulier.
Les fondamentaux de Safran restent solides selon l'analyse financière, quel potentiel pour les actions du motoriste ?
Pour autant, les fondamentaux opérationnels de Safran restent solides, selon l’analyse financière. En 2025, Safran a enregistré un chiffre d’affaires de 31,3 milliards d’euros, en hausse de près de 15%. Le résultat opérationnel courant ajusté atteint 5,2 milliards d’euros (+26,2%), portant la marge à 16,6%. Le bénéfice net s’élève à 3,2 milliards d’euros (+3,5%), en ligne avec les attentes du marché actions.
«Soutenu par l’amélioration des chaînes d’approvisionnement et des cadences de production record sur le Leap, Safran bénéficie également d’une diversification croissante, notamment dans le militaire. Safran continue par ailleurs de créer de la valeur pour ses actionnaires avec un dividende de 3,35 euros par action, en hausse de 16%», souligne l’analyste de eToro. Au final, Safran illustre parfaitement ce paradoxe de marché, un groupe «structurellement gagnant à long terme, mais temporairement pénalisé par une lecture macroéconomique de court terme, dominée par le pétrole et le cycle aérien», conclut l’expert.
Les lecteurs de Momentum, la lettre d’investissement premium quotidienne de Capital sur la Bourse, ont été avertis à temps du risque de plongeon en Bourse des actions Safran, suggéré par l’analyse technique (analyse graphique et mathématique de l’évolution des cours de Bourse), l’analyse financière (lors du sommet de février, le cours de Bourse de Safran n’offrait pas de réel potentiel d’appréciation supplémentaire) et le flux de nouvelles négatives lié à la guerre avec l’Iran. Découvrez dans Momentum notre nouvelle anticipation sur les perspectives des actions Safran. En optant pour un abonnement d’un an, 5 mois sont offerts. Et profitez des dernières heures de notre offre exceptionnelle : une réduction supplémentaire de 30% grâce à notre partenariat avec le Salon de l’analyse technique du 27 mars ! Pour en bénéficier, il suffit de cliquer sur le lien ci-après.




















