L’avenir de Jacadi s’inscrit peut-être loin du groupe IDKIDS désormais. Alors que la maison-mère d’Okaïdi a été placée en redressement judiciaire en février pour la plupart de ses marques (Obaïbi, Okaïdi, Oxybul…), la marque haut de gamme du groupe, Jacadi Paris, ainsi que «les filiales étrangères et l'ensemble des franchises du groupe» n’entraient pas dans l’équation. Toutefois, son positionnement sur ce marché concurrentiel, au même titre que Petit Bateau, attire les convoitises. Comme l’a appris Ouest-France, le groupe Deveaux aurait fait une offre de reprise mardi 14 avril.

Si le nom du groupe n’est pas connu du grand public, il s’agit d’une entreprise familiale créée d’abord en 1830 et spécialisée dans le tissage. Il est surtout propriétaire d’Ecce, ainsi que des marques Armand Thiery (mode masculine) et Jacqueline Riu (mode féminine). Toutefois, selon nos confrères, ce projet de rachat doit encore être soumis à l’examen de l’Autorité de la concurrence. Si aucune autre information n’a filtré, selon Les Echos, le groupe IDKIDS pourrait annoncer ce jeudi 16 avril aux salariés du groupe qu’il serait en passe de céder Jacadi.

Une offre américaine déjà faite en février

Cette vente doit permettre de soulager sa trésorerie, d’autant que la marque haut de gamme destinée aux enfants a progressé de 35% en un an. Mais si la vente se confirme, ce serait un revirement de situation alors que début février, des rumeurs faisaient état d’une cession à un groupe américain, comme son concurrent Petit Bateau. Le groupe Blue Water Venture Partners aurait même fait une offre ferme, soulignait L’Essentiel de l’Eco.

Née en 1976, Jacadi appartenait depuis 21 ans à IDKIDS. Présente dans une cinquantaine de pays, disposant de près de 300 points de vente (une partie en franchise), la marque s’est développée à l’étranger, plus récemment en Asie et au Moyen-Orient. Si la vente venait à se confirmer, l’avenir du groupe IKDIDS serait encore un peu plus en suspens.

En février, la direction avait évoqué «un environnement économique tendu», la concurrence face «aux généralistes low cost, à la seconde main, et la concurrence agressive de l’ultra fast-fashion». La dette du groupe est évaluée à «neuf chiffres» par les syndicats, qui craignent un grand nombre de fermetures de magasins et de suppressions de postes dans les mois à venir. Le groupe compte plus de 6 000 salariés dans le monde. De son côté, il assurait que le redressement judiciaire permettrait de «redonner du temps et de la capacité financière» au groupe, qui «doit accélérer (sa) transformation».