La flamme du chalumeau vire au bleu à mesure qu’elle s’approche du petit creuset dans lequel l’artisane fait fondre l’or. A l’aide d’un outil délicat, elle forme peu à peu avec le métal en fusion une petite pépite parfaitement ronde. Difficile d’imaginer qu’il y a quelques minutes à peine se trouvaient sous nos yeux une gourmette de baptême et sa médaille assortie. «C’est une cliente de la boutique de Lille qui nous a transmis ses bijoux personnels», explique Mélanie, responsable du développement chez Arthus Bertrand. Ce faisant, elle participe en l'occurence au programme GoodPlanet.

Le principe est simple, le client rapporte des bijoux de famille en or qui dorment dans ses placards. En échange, la maison façonne une médaille ornée de l’un des symboles représentant un domaine d’intervention de la Fondation GoodPlanet, créée par le photographe Yann Arthus-Bertrand, et reverse 100 euros à cette même fondation. Le lien entre Arthus Bertrand et Yann Arthus-Bertrand ? La famille fondatrice, jusqu'au père du photographe qui a dirigé l’entreprise il y a des années. Puis, les Arthus-Bertrand ont cédé leurs parts en deux temps à la famille Guerrand, liée à Hermès : 45% de l’entreprise en 2012, puis la totalité en 2017.

Julien Rousseau, directeur général délégué depuis le rachat, peut aujourd’hui avancer avec méthode. Derrière lui, le family office Chevalier – la holding de la fratrie Guerrand – qui investit dans des maisons incarnant l’excellence artisanale, du cognac Hine à d’autres savoir-faire d’exception. Passé par Hermès, Christofle et Goossens, Julien Rousseau connaît bien ces univers où patrimoine et marque doivent apprendre à cohabiter. «Ma mission était de m’appuyer sur le savoir-faire artisanal et industriel du joaillier pour en faire une marque», résume-t-il.

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