La Bourse de Tokyo a bondi de plus de 5% à l'ouverture ce lundi 9 février, au lendemain du triomphe électoral de la Première ministre Sanae Takaichi lors de législatives anticipées, qui ouvre la voie aux mesures accumulées de relance budgétaire et à un allègement fiscal colossal. Vers 00h24 GMT, l'indice vedette Nikkei gagnait 5,52% à 57 248 points, franchissant pour la toute première fois la barre des 56 000 points. L'indice élargi Topix gagnait 3,35% à 3,822 points. En dépit des craintes suscitées par le coût budgétaire de ces mesures annoncées, la devise japonaise se renforçait, gagnant 0,33% à 156,72 yens pour un dollar, après avoir piqué du nez dans les premiers échanges.

La première femme à diriger le Japon, qui surfe sur un état de grâce moins de quatre mois après ses débuts, avait dissous fin janvier la chambre basse du Parlement où sa coalition n'avait la majorité que de justesse. Pari gagné : le Parti libéral-démocrate (PLD) et son allié le Parti de l'innovation (Ishin) décrocheraient la majorité des deux niveaux à la chambre basse du Parlement, selon la chaîne de télévision publique NHK. Les résultats officiels ne devraient être connus que lundi dans la journée.

«Construire une économie forte et résiliente»

Mme Takaichi a promis dimanche soir de mener une politique budgétaire «responsable» et de «construire une économie forte et résiliente». Pour endiguer l'inflation, souffrance majeure des électeurs, et en atténuer l'impact pour les ménages, la dirigeante a promis d'exempter les produits alimentaires de la taxe à la consommation de 8% pendant deux ans. Un cadeau colossal fiscal sans source claire de financement qui a alarmé les marchés et fait bondir les rendements de la dette nippone à des records, mais qui devrait soutenir la consommation des ménages ce qui réjouit notamment les marchés boursiers.

«Le PLD a remporté une victoire éclatante lors des élections, donnant à la très populaire Sanae Takaichi le mandat qu'elle souhaitait pour son ambitieux programme de dépenses publiques», observe Kyle Rodda, analyste en Australie pour Capital.com. «Cette dynamique alimente la tendance haussière du marché japonais, les actions étant susceptibles de bénéficier de l'augmentation des dépenses budgétaires, tandis que les taux d'intérêt restent accommodants et négatifs en termes réels», souligne-t-il.

Le gouvernement Takaichi avait déjà dévoilé en novembre un plan massif de relance de 117 milliards d'euros adopté fin 2025, et prévoit un nouveau record budgétaire (équivalent à 665 milliards d'euros) pour l'exercice 2026. Au risque de gonfler encore l'endettement déjà pharaonique du pays, qui devrait dépasser 230% du PIB sur l'exercice 2025. Signe d'une défiance toujours forte des investisseurs obligataires, la dette nippone se retrouvait sous pression ce lundi : signe d'une demande moindre, le rendement des obligations souveraines à 30 ans a bondi jusqu'à 3,577% dans les premiers échanges, contre 3,538 vendredi soir.