
En Chine, l’envolée de la Bourse continue. L’indice actions Shanghai Composite est à un point haut depuis dix ans. Surtout, les volumes de transactions en Bourse sont à un niveau record. Lors de la séance du 12 janvier, ils ont atteint 3 600 milliards de yuans (soit 440 milliards d’euros au taux de change actuel). Comment l’expliquer ? L’épargne des ménages chinois, qui avait été investie dans des produits structurés lorsque les taux d’intérêt étaient plus hauts, est désormais placée sur les actions en Bourse, qui sont à des valorisations attrayantes.
Même si ce n’est pas une science exacte, plus de volumes échangés vont souvent de pair avec des indices actions en hausse. C’est vérifié dans le cas présent. Autre facteur qui a son importance, les grandes entreprises chinoises de la tech se portent bien. Malgré la déflation qui persiste au niveau des prix à la production (-1,9% sur un an en décembre), elles ont réussi à redresser leurs marges tout en opérant des rachats d’actions conséquents, distribuant ainsi de la valeur aux actionnaires. Comme on l’a observé ces dernières années au Japon et aux États-Unis, les rachats d’actions constituent une lame de fond haussière pour la Bourse.
Les actions Baidu, Huawei, Alibaba et Tencent, les géants chinois de la tech, se sont envolées, en Bourse
Prenons Alibaba. Son activité en e-commerce a explosé en 2025 à cause de l’augmentation des commissions sur les plateformes qui est effective depuis 2024, de l’adoption de ses outils publicitaires par la majorité des vendeurs et de l’effet positif des subventions octroyées par le gouvernement. Alibaba devrait, en outre, trouver un relais de croissance cette année sur le segment des services à la demande pour les acheteurs (demande de devis, trade assurance, services après-vente, arbitrage en ligne). Résultat : les actions Alibaba sont en hausse de 41% sur les six derniers mois. Baidu, Huawei ou encore Tencent sont également au meilleur de leur forme, en Bourse.
Un autre segment, plus méconnu des Européens, tire également son épingle du jeu : le luxe local. Le marché du luxe chinois a été dominé par des acteurs étrangers jusqu’à la Covid. Puis, une rupture s’est opérée avec l’émergence de marques locales qui font des produits moins ostentatoires, plus innovants, souvent en lien avec l’héritage culturel chinois, ce qui attire la jeune clientèle. Laopu Gold, qui fabrique des bijoux et se présente comme le «Hermès de l’or», en est le parfait exemple. Laopu Gold grignote des parts de marché aux géants européens et affiche une santé boursière impressionnante. Son action est en hausse de 123% sur un an et, malgré cela, son ratio cours sur bénéfice pour 2026 (jauge du degré de cherté des actions) est seulement de 19. Très abordable pour un investisseur en actions en Bourse.
En Bourse, les investisseurs étrangers restent à l’écart des actions chinoises, «une erreur» !
Il y a toutefois un bémol. En Bourse, les flux acheteurs sur les actions chinoises sont essentiellement liés à des investisseurs locaux, pour l’instant. Les étrangers sont à l’écart du marché (pour investir sur les actions chinoises, il y a plusieurs moyens : l’achat direct d’actions, l’investissement en fonds d’actions chinoises tels que ceux de Pictet AM, ou encore l’investissement via des ETF, NDLR) souvent pour des considérations géopolitiques. Une erreur, selon nous.


















