L’intelligence artificielle (IA) supprime des emplois, au secours ! On se rassure en répondant que l’intelligence artificielle n’est qu’un outil de productivité, accélérant des tâches courantes comme la rédaction d’e-mails, la synthèse de documents ou le codage. Cette perception masque un point crucial. L’impact des grandes innovations technologiques dépend moins de leurs capacités intrinsèques que de leur diffusion dans de nouveaux usages.

L’électricité n’a pas transformé le monde parce qu’elle a remplacé les lampes à huile. L’électricité a transformé la société en réorganisant usines, villes et foyers : tramways et métros ont transformé l’électricité en mobilité urbaine, les usines ont été reconstruites autour de petits moteurs électriques décentralisés au lieu d’un seul moteur central, permettant de nouveaux agencements et une production accrue. La machine à vapeur n’a pas changé le monde en restant cantonnée aux pompes hydrauliques, mais lorsqu’elle a été utilisée pour propulser trains et navires, bouleversant transports, commerce et organisation du travail, faisant exploser la productivité.

Informatique et Internet : les ordinateurs ont décuplé la productivité

Le moteur à combustion, pris isolément n’est qu’une machine à transformer le carburant en mouvement. Sa véritable puissance économique réside dans ses applications. L’automobile a fait bien plus que remplacer le cheval et la calèche : elle a remodelé les lieux de vie et de travail, alimenté la croissance des banlieues, engendré le commerce en bord de route et de nouveaux modes de déplacement. Les mêmes moteurs ont été utilisés dans les camions, permettant le transport de marchandises sur de longues distances et la fabrication en flux tendu. Puis le moteur a pris son envol. Le transport aérien a transformé les voyages rares en déplacements courants et a développé le tourisme à une échelle que les observateurs du XIXe siècle pouvaient à peine imaginer.

L’informatique et Internet ont suivi la même logique. Longtemps cantonnés à l’automatisation de tâches administratives, les ordinateurs ont décuplé la productivité lorsqu’ils ont été appliqués à de nouveaux usages : PC en réseau dans les bureaux, commerce en ligne, moteurs de recherche, smartphones, etc.

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Aujourd’hui, l’IA est principalement utilisée comme assistant personnel

Intégrée au flux de travail existant, l’IA facilite la rédaction, la programmation ou le service client. Ces applications apportent déjà des gains de temps notables : On traite plus vite sa boite mail, les débutants produisent des documents marketing de bonne qualité, Les supports commerciaux traitent davantage de demandes client… Mais, comme pour les révolutions technologiques précédentes, le véritable saut de productivité viendra de l’application de l’IA à des secteurs historiquement peu productifs. C’est le cas des services.

Soins, nettoyage, hôtellerie, commerce de détail, logistique - ces services restent difficiles à automatiser. Les tâches y sont souvent manuelles et peu mécanisables : enseigner, servir à table, aider une personne dépendante. Cette «maladie des coûts» de tâches pourtant indispensables décrite par l’économiste William Baumol freine l’évolution de l’économie moderne.

L’IA va augmenter l’efficacité de nombreux services indispensables mais historiquement peu productifs

L’IA pourrait changer la donne, non seulement en automatisant le travail intellectuel, mais aussi grâce à des applications concrètes associant IA, capteurs et robots mobiles. Jusqu’ici, les robots étaient surtout présents dans les usines, opérant dans des environnements contrôlés, intervenant sur des lignes de production soigneusement chorégraphiées. On peut désormais concevoir des robots capables de se déplacer dans des espaces complexes, de reconnaître des objets, de comprendre des instructions en langage naturel et de collaborer avec les humains.

L’arrivée de ces robots dans les supermarchés, entrepôts, hôpitaux, hôtels ou domiciles pourrait accélérer la productivité dans les services. Un robot de nettoyage opérant en sécurité dans un centre commercial, un robot réapprovisionnant les rayons ou assistant un aide-soignant dans les tâches physiques sont autant d’exemples d’applications inédites de l’IA. L’ajout de véhicules autonomes, de drones pour la livraison ou l’inspection, et de systèmes coordonnant ces machines, laisse entrevoir une extension de l’IA au cœur des secteurs traditionnellement peu productifs.

Comment bien investir sur les actions de l’IA en Bourse ?

Sur quelles actions de l’IA et de la robotique faut-il investir en Bourse ? En Bourse, un investisseur en actions à horizon moyen terme devrait mieux pour l’instant privilégier la robotique et les infrastructures supportant l’IA à travers les sociétés le plus innovantes : Alphabet (Google) pour ses nombreuses applications de l’IA dédiées au consommateur, TSMC (leader de la fabrication de semi-conducteurs utilisés par l’IA), Intuitive Chirurgical pour ses robots chirurgicaux ou encore Salesforce (dont les logiciels pour commerciaux innovent en permanence grâce à l’IA).