Près d’1 million de véhicules rouleraient en toute illégalité. Soit, environ 700 millions de recettes manquantes pour la période 2022-2024. Tel est le constat du rapport de la Cour des comptes sur les manquements du système d’immatriculation en ligne. En synthèse, l’institution de la rue Cambon critique la mise en place d’un dispositif aux «multiples failles propices au développement de la fraude».

Rembobinons. Tout détenteur d’un véhicule doit posséder une carte grise, véritable fiche d’identité qui recense ses caractéristiques techniques, la date du dernier contrôle technique… Un document longtemps délivré par les services de l’Etat en préfecture, après étude de la demande et des pièces du dossier. Or, depuis 2017 et la réforme dite Plan préfectures nouvelle génération (PPNG), la démarche est entièrement dématérialisée.

Fini les guichets et leurs interminables files d'attente, tout se fait désormais sur une plateforme sécurisée, le système d’immatriculation des véhicules (SIV). Les particuliers y accèdent via le portail France Titres pour immatriculer un nouveau véhicule, déclarer une cession ou un changement de domicile, etc. En l’absence d’interlocuteur physique pour enregistrer les demandes, l’Etat fait appel à des professionnels agréés, dits tiers de confiance (concessionnaires, loueurs, garagistes). La digitalisation s’est donc doublée d’une externalisation, les tiers de confiance initiant plus de 75% des opérations du système. Ils peuvent aussi détenir un agrément pour recevoir les taxes liées à l’immatriculation des véhicules, qu’ils doivent ensuite reverser au Trésor public.

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