
Les marques américaines doivent-elles avoir peur pour leur futur ? Le #BoycottUSA, ce mot d’ordre de boycott des marques américaines qui a fleuri sur les réseaux sociaux début mars, suite à l’annonce du président américain Donald Trump d’augmenter les droits de douane de 25% sur les produits européens, et après son altercation avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, prend de l'ampleur en France. Selon une étude Ifop publiée ce mercredi 26 mars pour le site d’information NYC.fr (réalisée du 14 au 17 mars 2025 auprès 1 000 Français), cette sanction populaire n’est pas qu’une simple réaction émotionnelle passagère, mais une marée montante de désapprobation. «Contrairement aux mouvements de boycott traditionnels, souvent portés par des jeunes mais limités dans le temps, celui-ci mobilise massivement les seniors et les catégories socioprofessionnelles supérieures», indique François Kraus, directeur du pôle politique & actualités à l’Ifop.
Alors que 62% des sondés soutiennent ces appels au boycott, un Français sur trois affirme déjà snober au moins un produit américain. Parmi les marques les plus touchées, on retrouve les sodas (Coca-Cola à 48%), les chaînes de restauration rapide et les fast-food (McDonald à 44%, Starbucks à 15% ou encore KFC à 12%). Les deux seules griffes non-alimentaires à être boycottées de manière significative sont Tesla (19%) et le réseau social X -anciennement Twitter- (10%), deux entreprises du groupe d’Elon Musk dont l’image a été très sérieusement écornée par ses prises de parole polémiques et son engagement politique auprès de Donald Trump.
Les iPhone et Apple Music encore peu concernés
Si ce boycott des produits américains est tiré par l’anti-trumpisme, il relève aussi d’autres motivations comme le patriotisme économique. Tous les secteurs d’activité américains sont potentiellement touchés par ce boycott, mais la force de la sanction dépend de la visibilité de la marque ainsi que de l’existence, ou non, d’alternatives crédibles. Dans le cas des automobiles, les consommateurs Français ne sont pas dépendants des marques américaines, et ont le choix de s’acheter la place un véhicule qui provient de France, d’Allemagne, ou encore d’Asie. Même constat pour l’alimentation ou les vêtements américains, confrontés à un risque élevé de boycott en raison d’un marché hautement concurrentiel. «Ce mouvement ne sera pas qu’un feu de paille dans le paysage de la consommation française, notamment pour les produits facilement remplaçables», indique François Kraus, directeur du pôle politique & actualités à l’Ifop.
En revanche, les géants technologiques américains peuvent respirer pour l'instant. Les Français, accros à leurs iPhones et à leurs services de streaming comme Apple Music, ne sont pas encore prêts à couper le cordon.



















