Boycottera ? Boycottera pas ? Il suffit d'arpenter les rayons des Leclerc pour constater que les produits de marques américaines y sont toujours exposés – l'enseigne ne participant donc pas à une campagne de boycott, cette dernière étant à l'initiative exclusive des consommateurs. Pour autant, Michel-Edouard Leclerc semble observer ce réflexe citoyen avec un regard bienveillant : «C'est un message que les producteurs de marques américaines en Europe doivent écouter très fort» estime le président d'E.Leclerc, invité sur le plateau de RTL ce 19 mars.

Alors que le président américain, Donald Trump, a lancé son offensive douanière sur les produits européens, les citoyens appelant à riposter en boudant le «made in USA» sont de plus en plus nombreux. Le tout dans un contexte plutôt anxiogène, dont la guerre en Ukraine et autres événements ayant provoqué une hausse des prix en supermarché. Alors que les négociations commerciales se sont terminées début mars, Michel-Edouard Leclerc affiche sa confiance : «On a obtenu de la déflation. Ce qu'on vient de négocier, c'est quand même pas mal de baisses de prix dans les magasins, en tout cas une inflation inférieure à 1% jusqu'à la fin de l'année» promet-il. Mais «Trump, ce qu'il est en train de faire, c'est stresser le marché».

«Peut-être que le message calmera l'ardeur des Etats-Unis»

Alors, ces campagnes de boycott, il les comprend : «Si, dans le rapport de force, Donald Trump va taper trop fort nos petits viticulteurs, l'économie française et autres, c'est évident qu'il y aura un réflexe nationaliste» prédit Michel-Edouard Leclerc. Mais selon lui, «pour le moment, il faut rester prudents. Si demain, il y a une négociation très forte, on s'appuiera sur les mouvements de consommateurs qui alerteront sur le fait qu'ils quitteront peut-être les marques américaines qu'ils aiment. Peut-être que ce message arrivera aux États-Unis et calmera leur ardeur» espère-t-il.