
Foie gras Labeyrie, tartinables Blini, harengs et crevettes Delpierre… Ces marques, qui appartiennent au groupe Labeyrie Fine Foods (détenu par le fonds d’investissement français PAI Partners et la coopérative agricole du Sud-Ouest Lur Berri), repartent en croisade. Le groupe, qui a publié un chiffre d’affaires de 867 millions d’euros en 2024 (+7%), a présenté le 12 juin, un nouveau plan stratégique. Et les projets s’avèrent ambitieux. «Après avoir sécurisé nos activités (approvisionnements, marges, filières…, ndlr) entre 2020 et 2024, nous repartons à l’offensive. Nous voulons augmenter notre activité de 30% d’ici à 2028», déclare Jacques Trottier, président du groupe Labeyrie Fine Foods. En d’autres termes, il veut vendre 400 millions de produits en 2028, contre 290 millions à ce jour. Soit 110 millions en plus !
Alors pour atteindre ce challenge, il veut mettre les bouchées doubles sur les innovations. «Les nouveautés produits ont été moins nombreuses ces dernières années dans les rayons des magasins. Donc on va doubler la cadence !», ajoute le président. En ligne de mire : le végétal, qui pèsera dans trois ans 25% de ses ventes, contre 20% aujourd’hui. Le groupe a notamment lancé en octobre 2024 une nouvelle marque Aux Petits Oignons, composée de légumes, de céréales ou encore de bouchées végétales, et compte développer de nouvelles offres sur Atelier Blini. Et alors que le prix de nombreux ingrédients a fortement augmenté, notamment certaines espèces de poissons comme le cabillaud, Labeyrie a trouvé la parade. «Nous diminuons la part de poisson dans nos plats, nous ajoutons davantage de légumes et réussissons à diminuer le prix».
Un investissement de 120 millions d’euros
Le groupe va également élargir son terrain de jeu et partir à l’assaut de nouveaux consommateurs. Déjà présent dans 50 pays du monde, il va accélérer son développement en Belgique, en Suisse et en Italie, mais également en Asie et au Moyen-Orient. «Nous voulons renforcer nos positions dans les pays dont la culture gastronomique est proche de celle des Français, ou pour répondre à une demande de consommateurs fans de notre cuisine comme en Asie ou au Moyen-Orient», explique Jacques Trottier. Le coût global du programme ? Une enveloppe de 120 millions d’euros injectés dans les marques et les usines (12 sites, dont 9 en France). Une rallonge non négligeable, après les 100 millions déjà investis ces cinq dernières années. Seul gros bémol dans le tableau : le site de Boulogne-sur-Mer (Hauts-de-France), fermé début 2024 par manque d’activités.



















