Le climat des affaires «reste maussade» au mois de mai, annonce ce vendredi 22 mai l'Insee, l'indicateur le mesurant demeurant stable, tandis que le climat de l'emploi est au «plus bas depuis la crise sanitaire». L'indicateur synthétique du climat des affaires, calculé à partir des réponses des chefs d'entreprise des principaux secteurs d'activité marchands, est stable à 94, en deçà de son niveau moyen de 100, explique l'institut national de la statistique, tandis que l'indicateur du climat de l'emploi perd trois points à 92, au plus bas depuis la crise du Covid.

Il est «tiré à la baisse», écrit l'Insee, par une nouvelle dégradation des avis sur les prévisions dans les services (hors intérim). En particulier, les ventes sur les prix prévoient d'augmenter de nouveau dans tous les secteurs sauf les services, et les perspectives générales d'activité se dégradent dans tous les secteurs sauf dans l'industrie. Secteur par secteur, le climat se «dégrade nettement» dans l'ensemble constitué du commerce de détail et du commerce et de la réparation d'automobiles : l'indicateur perd cinq points dans le mois, à 89, pour une moyenne de longue période de 100.

L'hébergement-restauration en plein décrochage

L'indicateur pâtit d'un nouveau recul des opinions sur les intentions de commandes. Le climat se dégrade aussi, mais plus légèrement, dans les services, avec un indicateur qui perd un point à 93, son plus bas niveau depuis mars 2015, hors période du Covid. En particulier, le climat «s'effondre», écrit l'Insee, dans l'hébergement-restauration. Le bâtiment s'en sort mieux, avec une hausse d'un point de l'indicateur, à 97, qui reste là encore sous sa moyenne. L'opinion des entrepreneurs du bâtiment sur leur activité récente et à venir s'améliore.

Le climat des affaires du commerce de gros, publié tous les deux mois, s'améliore aussi légèrement, en gagnant un point à 96. Cette hausse est surtout portée par un rebond des avis sur les ventes récentes. Enfin, le climat des affaires s'améliore de nouveau dans l'industrie et, gagnant deux points à 102, dépasse même sa moyenne de longue période, une hausse s'explique là encore par des opinions favorables sur la production récente. Jeudi, un autre indicateur, l'indice PMI Flash publié par S&P Global, avait fait état d'un très sérieux coup de frein sur l'activité française en mai, le plus fort depuis cinq ans et demi.