
Fin août, l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (Umih) dressait un constat alarmant concernant la fréquentation des restaurants en France : d'après ses chiffres, 25 établissements baisseraient le rideau chaque jour après un dépôt de bilan. Au deuxième trimestre 2024, plus de 2 182 procédures avaient été enregistrées. Comme l'indiquait La Dépêche le 24 août, la Banque de France confirmait cette tendance inquiétante, avançant un bond de 17 % du nombre de défaillances par rapport à la période d'avant-pandémie.
Cette baisse de fréquentation est directement imputable à l'inflation. Face à la flambée des prix des matières premières, aux charges salariales supportées par les restaurateurs, aux coûts parfois très élevés des loyers dans certaines villes et l'explosion des factures énergétiques, les prix sur les menus font frôler l'indigestion à de nombreux clients. En plein été, plusieurs vidéos virales sur les réseaux sociaux fustigeaient les carottes râpées à 23 euros, les salades à plus de 30 euros ou encore des plats de viande dépassant les 40 euros dans certains restaurants. Beaucoup ont donc préféré se rabattre sur des pique-niques à la plage, des sandwiches sortis du sac ou des offres plus abordables, quitte à rogner parfois sur la qualité des repas.
Une concurrence «considérable» des restaurants «de malbouffe»
Cette désaffection, Alain Fontaine l'a constatée également. Gérant du Mesturet à Paris et président de l'association des maîtres Restaurateurs, le chef était l'invité de BFMTV dimanche 28 septembre. S'il se veut rassurant sur la bonne santé de la restauration «haut de gamme» qui a «sa propre cible», il se montre, en revanche, nettement plus inquiet pour la restauration traditionnelle - «blanquette, tête de veau, Bourguignon et autres» – qui pâtit, selon lui, d'une «concurrence considérable». Celle, en l'occurrence, de la restauration «bas de gamme», dans «un moment de crise du pouvoir d'achat».
«Les clients sont très sollicités par une restauration qu'on peut considérer "de malbouffe"» et dont la force de frappe en termes de communication entraîne un découragement certain chez les restaurateurs indépendants qui sont «en train de disparaître», alerte Alain Fontaine. Et ce au profit «d'une restauration déstructurée et américanisée». Comme le rappelle le chef, plusieurs études avancent un chiffre de «20 % d'augmentation de l'obésité depuis 1997. Ces 20 %, ce sont 70 % de jeunes qui en sont touchés» poursuit Alain Fontaine, pour qui il est temps de s'interroger sur «quel avenir on veut» pour la restauration traditionnelle française.


















