Mise à jour. Dans une interview au JDD, le PDG de Thales, Patrice Caine, a annoncé ce dimanche sont intention d'embaucher 12.000 salariés dans le monde. Il y a quelques mois, Capital avait enquêté sur ce qui fait le succès de ce fleuron français en pleine croissance.

Jeoffrécourt, son cimetière, ses immeubles décrépis… et ses écussons jaune et bleu. Si l’envie vous prend d’explorer cette contrée nichée au fin fond de l’Aisne, inutile de chercher sur une carte. Ce village est factice. L’armée française l’a fait ériger pour y entraîner ses troupes et le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, envisagerait même d’y accueillir une partie des 2.000 soldats ukrainiens qu’il a promis de former aux subtilités du combat tactique.

Bardés de capteurs, armés d’un fusil laser, les fantassins de Zelensky seront soumis à divers scénarios de guérilla urbaine sous l’œil impitoyable de Cerbere, le simulateur dernier cri de Thales. «Cerbere enregistre les faits et gestes de tous les soldats et les débriefe après chaque exercice, en dressant le bilan des cibles atteintes ou des dégâts subis», explique un gradé dans une vidéo de promo.

Pour ce qui est d’être confronté aux réalités de la guerre, Patrice Caine, le P-DG de Thales, est servi. Ses redoutables missiles Starstreak à guidage laser, produits dans son usine de Belfast, ont rejoint depuis plusieurs mois l’arsenal ukrainien. Et ses batteries antiaériennes Crotale, conçues avec son compatriote MBDA, sont en route pour Kiev. Sans parler de ses caméras de vision nocturne, intégrées dans les systèmes de visée des chars… russes.

L’offensive de Vladimir Poutine a braqué les projecteurs sur ce fleuron de l’industrie tricolore et ses quelque 80.000 salariés – dont la moitié en France. Réputé auprès des armées du monde entier, notamment pour ses radars, ce champion du high-tech restait jusqu’alors peu connu du grand public. Outre ses activités de défense (lance-missiles, sonars, systèmes antidrones…) qui représentent plus de la moitié de son chiffre d’affaires (16,2 milliards d’euros au total l’an dernier) et les deux tiers de ses profits opérationnels (1,5 milliard), Thales est présent dans l’aérospatiale (aviation civile et militaire, satellites…) et la sécurité numérique (protection des données et des réseaux).

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