Le géant français de haute technologie Thales a vu son son chiffre d'affaires progresser à 5,3 milliards d'euros et engrangé des commandes, principalement dans la défense, pour près de 4,7 milliards d'euros au premier trimestre, un niveau supérieur aux attentes. «Nous avons un début de l'année au-dessus de nos attentes qui nous donne confiance», a déclaré à la presse le directeur financier Pascal Bouchiat. Les prises de commandes s'élèvent à 4,65 milliards d'euros sur les trois premiers mois de l'année, en hausse de 23% par rapport à la même période 2025.

Pour le secteur défense, la progression des commandes est de 71% au premier trimestre à 2,2 milliards d'euros. Thales a enregistré sept grandes commandes d'un montant unitaire supérieur à 100 millions d'euros, contre cinq un an plus tôt. Parmi ces commandes figure celle du ministère de la Défense du Danemark pour la production et livraison de systèmes de défense anti-aérienne SAMP/T NG, un projet dans lequel Thales était en compétition contre Patriot américain. Une autre a été passée par le Qatar pour la fourniture de radars Ground Master pour renforcer la sécurité aérienne du pays.

La guerre au Moyen-Orient booste la défense

La guerre au Moyen-Orient «renforce la pertinence des solutions (de Thales) particulièrement en matière de surveillance et défense aériennes et de guerre des mines sous-marines», souligne le groupe dans un communiqué. Interrogé sur l'impact de cette guerre sur les comptes de Thales, Pascal Bouchiat a estimé qu'il était «un peu tôt» pour en mesurer les effets, tout en soulignant qu'un recul «sensible» du trafic aérien pourrait peser sur les activités aéronautiques tandis que la demande en équipements militaires est en forte hausse.

«On sera capable d'ajuster nos perspectives en juillet» à l'occasion des résultats semestriels, a-t-il souligné. Pour l'heure les prévisions restent inchangées avec une croissance organique du chiffre d'affaires comprise entre 6 et 7% dans la fourchette de 23,3 à 23,6 milliards d'euros. Dans le secteur aérospatial, le chiffre d'affaires a progressé de 3,2% à 1,38 milliard d'euros.

Pour les satellites de télécommunication, dont la crise a plombé les comptes du groupe et avait déclenché un plan de suppressions de 1 300 postes finalement gelé en 2025 après le redéploiement des deux tiers des salariés concernés, «les tendances sont toujours les mêmes», le marché étant «perturbé» par l'offre de Starlink d'Elon Musk, a souligné Pascal Bouchiat interrogé par l'AFP.