L’avenir d’Aldi en danger en France ? C’est bien la crainte des syndicats. Ils montent au créneau, vendredi 19 décembre. D’après les informations de BFM Business dévoilées en exclusivité, les représentants du personnel ont inscrit un droit d’alerte économique à l’ordre du jour du CSE. Et pour cause, les centrales régionales d’Ennery (Val-d'Oise), Toulouse (Occitanie), Beaune (Bourgogne) et Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) ont «opéré des réductions de capitaux motivées par des pertes». Pour la seule dernière citée, le montant se porte à 216 millions, affirment nos confrères.

En tout, Aldi a réduit ses capitaux à hauteur de 844 millions d’euros. Un syndicaliste contacté par BFM Business craint que la direction ne cherche à faire un «coup d’accordéon». Concrètement, il s’agit d’une méthode qui permet de réduire le capital, avant de l’augmenter. La technique permet ainsi de réduire les pertes. Cela revient à reconnaître officiellement les pertes, tout en se laissant une chance de relancer la machine. Une vision que partage un dirigeant d’une grande société du secteur interrogé par nos confrères. «Aldi a plutôt envie de se donner une deuxième chance en France», affirme-t-il.

Quand 1+1 font… 1 !

Le pari d’Aldi de venir renverser la hiérarchie des discounters en France n’est pas couronné de succès pour le moment. Ainsi, d’après la dernière enquête publiée par Worldpanel, ils détiennent 3% de parts de marché. C’est bien moindre que son grand concurrent Lidl (8%). Pourtant, ils aveint cherché à mettre toutes leurs chances de leur côté en rachetant Leader Price. Contacté par BFM Business, Frank Rosenthal, expert en marketing de la distribution, décrypte l’échec d’Aldi : «Ils ont racheté les 800 magasins Leader Price, ont doublé leur parc total de magasins et ils sont retombés au même niveau de part de marché.» Et de conclure, sarcastique : «On attendait que 1 + 1 fasse 2 et finalement ça fait 1.»