
Le groupe français Safran, actif dans l'aéronautique et la défense, a annoncé vendredi des ventes en hausse début 2025, mais a prévenu qu'il y aura des «surcharges» sur ses prix du fait des droits de douane américains. «La situation est extrêmement volatile sur les droits de douane, (...) mais il ne faut pas se faire d'illusions : nous allons imposer des surcharges sur les prix à nos clients», a indiqué vendredi Olivier Andriès, directeur général de Safran, lors d'un point presse avec des journalistes.
Le président américain Donald Trump avait annoncé le 2 avril de très lourds droits de douane mondiaux, avant de les ramener à un taux général de 10% sur tous les pays, et en fixant au 9 juillet la date limite pour négocier des traités commerciaux. «La mise en place de droits de douane», alors que l'industrie aéronautique en était largement exemptée jusqu'alors, «entraînera des coûts supplémentaires pour l'industrie et les compagnies aériennes», a commenté Olivier Andriès. «Nous prévoyons de réduire notre exposition», a-t-il ajouté. Cela passe par exemple, explique le directeur général de Safran, par une réorganisation des «flux logistiques». «Si nous fabriquons des pièces de rechange pour des compagnies sud-américaines, nous pouvons passer par des entrepôts sous douane aux Etats-Unis qui permettent d'éviter de payer des droits de douane pour des pièces qui ne font que transiter aux Etats-Unis", a-t-il avancé. «In fine, ce sont les clients finaux qui vont payer».
Ventes en hausse
Safran a réalisé 7,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires au premier trimestre 2025, en hausse de 16,7% sur un an, et un chiffre supérieur à celui attendu par les analystes. Les prévisions des analystes interrogés par les plateformes financières Bloomberg et Factset donnaient un chiffre d'affaires de 7,0 milliards d'euros sur la période. Safran a par ailleurs confirmé pour 2025 ses perspectives précédemment annoncées, tout en soulignant le «risque» que faisait peser l'évolution des droits de douane. Le groupe prévoit toujours notamment une hausse de 10% de son chiffre d'affaires sur toute l'année 2025, «hors impact potentiel des droits de douane qu'il serait prématuré de qualifier à ce stade».
Le groupe entend toujours augmenter ses livraisons de moteurs Leap en 2025, qui équipent les avions les plus vendus d'Airbus et Boeing, après une année 2024 décevante pour ces derniers. Au premier trimestre, Safran n'a livré que 319 moteurs Leap, contre 367 au premier trimestre 2024. Un signe, selon Safran, du «démarrage progressif de la production en début d'année.» Safran a ajusté de 123 millions d'euros à la baisse son chiffre d'affaires pour notamment tenir compte de la «valorisation des instruments dérivés de change» et de la «variation d'impôts différés». Sans ces ajustements le chiffre d'affaires consolidé de Safran s'est élevé à 7,38 milliards d'euros au premier trimestre, soit une augmentation de 17,5% par rapport à la même base il y a un an. La division propulsion, qui représente la moitié des ventes de Safran, a vu son chiffre d'affaires progresser de 16% au premier trimestre, «tiré par la croissance des pièces de rechange».
Safran ne souhaite plus investir dans les villes écologistes
Le chiffre d'affaires de la division «équipements et défense» (38% des ventes du groupe sur la période), a crû de 10,8% sur la période, porté notamment par «les activités de nacelles, de systèmes d'atterrissage et d'avionique». Safran a ainsi livré 155 nacelles d'Airbus A320neo sur la période, contre 135 au premier trimestre 2024, et 171 trains d'atterrissage d'A320 contre 167 au premier trimestre 2024.
La décision radicale du patron de Safran mi-avril de «bannir» tout investissement dans les villes françaises écologistes avait ravivé le débat sur la «réindustrialisation verte» de la France, les Ecologistes assumant leur défense d'un développement «durable» tandis que certains de leurs adversaires politiques tendaient les bras au groupe aéronautique.



















