
Derrière les portes de l’usine d’Exotec, à Croix (Nord), on découvre un drôle de spectacle. Dans un calme étonnant, des petits robots s’agitent selon une chorégraphie millimétrée. En liberté au milieu d’un entrepôt bien rangé, ces Skypod, des plateformes rectangulaires mobiles, glissent d’une allée à l’autre, s’envolent de plusieurs mètres vers le sommet d’une étagère, saisissent un bac puis repartent vers la chaîne de production. Leur mission ? Apporter aux techniciens les pièces nécessaires à la fabrication… de futurs congénères. « C’est ici que nous produisons l’ensemble des robots commandés par nos clients européens, américains ou asiatiques », raconte Renaud Heitz, cofondateur de l’entreprise. Du moins pour l’instant. Car, pour faire face au succès, celle-ci déménagera bientôt dans un site quatre fois plus grand. Oh, pas dans une lointaine contrée chinoise, rassurez-vous. A quelques kilomètres de là, dans la commune voisine de Wasquehal.
Voilà la preuve qu’en France aussi une petite start-up peut vite se transformer en belle PME. Créée en 2015, Exotec compte 380 salariés et son carnet de commandes est plein à craquer. Spécialiste de l’automatisation des entrepôts, elle bénéficie pleinement de l’essor de l’e-commerce : 3.000 de ses robots équipent déjà les plateformes logistiques des plus grands distributeurs, Cdiscount ou Carrefour dans l’Hexagone, mais aussi Uniqlo au Japon, Gap et Decathlon en Amérique du Nord. « Nous réalisons 80% de notre activité à l’étranger grâce à des bureaux à Atlanta, Tokyo et Munich », explique Romain Moulin, l’autre cofondateur. Rentable depuis l’an dernier, la pépite double son chiffre d’affaires à chaque exercice et devrait enregistrer 200 millions d’euros de
