Pour la marque Fabergé, un nouveau chapitre commence. Selon Les Échos, la société britannique Gemfields, qui se spécialise dans les pierres précieuses, a vendu la célèbre maison au fonds américain SMG Capital, dirigé par Sergei Mosunov, pour un montant de 50 millions de dollars. L’entrepreneur russo-britannique du monde de la tech s’est dit «honoré» de devenir «le gardien d’une marque aussi exceptionnelle et reconnue mondialement». L’objectif de ce rachat pour lui, Sergei Mosunov, est clair : raviver le prestige de cette marque pilier du luxe, ancrée dans l’histoire impériale russe.

Pour Gemfields, cette vente marque la fin d’une époque. Le groupe avait acheté la marque en 2012 pour 142 millions de dollars à la société d’investissement Pallinghurst. Mais depuis fin 2024, le groupe traverse de nombreuses difficultés, dont une perte nette de 100 millions de dollars contre 2,8 millions un an plus tôt, et un chiffre d’affaires en recul d’environ 20%. De son côté, Fabergé a elle-même vu ses ventes chuter de 15%.

Un héritage prestigieux à relancer

Les facteurs pour expliquer ces difficultés sont multiples. La société Gemfields a été touchée par l’insécurité au Mozambique, pays où elle exploite une mine importante de rubis. Les troubles politiques post-électoraux, qui se sont aggravés en décembre dernier, ont ensuite conduit à un gel temporaire de l’activité sur place, et à la décision de mettre Fabergé en vente. En parallèle, le marché des pierres précieuses a subi une pression de plus en plus importante, dont un effondrement des prix de 50% en deux ans. En Chine et dans d’autres pays, la demande a baissé, et les diamants de synthèse, eux, beaucoup moins chers, explosent et fragilisent la filière.

Pour Sergei Mosunov, le potentiel de Fabergé est toujours considérable. Selon lui, cette acquisition ouvre la porte à «d’importantes opportunités» afin de remettre Fabergé sur le devant de la scène internationale, en comptant sur ses liens avec la Russie, l’Angleterre, la France et les États-Unis. La marque a été fondée par le joaillier Karl Fabergé, et s’est ensuite rendue célèbre auprès des tsars Alexandre III et Nicolas II, offrant ces œufs luxueux à leurs épouses à Pâques. Dernièrement, la marque a tenté de moderniser son image grâce à de multiples collaborations, de Game of Thrones à James Bond avec un œuf inspiré du film Goldfinger.