
Petit Bateau s’apprête peut-être à vivre un tournant majeur de son histoire. Dans un communiqué dévoilé ce jeudi 4 septembre, le groupe Rocher annonce qu’il va se séparer du spécialiste de la mode enfantine, un des leaders haut de gamme dans ce secteur avec notamment Jacadi ou Tartine et Chocolat. Afin d’accélérer un peu plus le développement de la marque, Rocher a choisi l’Américain Regent. «Le choix de Regent s'inscrit dans la volonté du Groupe Rocher d'assurer à Petit Bateau les meilleures conditions pour poursuivre son développement sur le long terme», indique le directeur général exécutif du groupe, Jean-David Schwartz.
Le dirigeant se dit d’ailleurs convaincu que Regent «donnera à la marque l’élan nécessaire pour soutenir ses ambitions, tout en préservant l’ancrage et l’identité qui font sa force». Il faut dire que Regent est loin d’être un inconnu dans le secteur de la mode. Fondé en 2013, le groupe américain a réalisé la plupart de ses investissements dans les secteurs des logiciels, de la technologie ou des produits de consommation. Mais Regent L.P. a aussi une certaine expertise dans la relance de maisons patrimoniales.
Plus de 130 ans d’histoire à Troyes
L’entité américaine a en effet repris le spécialiste français de la lingerie et des sous-vêtements DIM, ainsi que les chaussures suisses Bally et un autre spécialiste de la lingerie, le Canadien La Senza (qui appartenait à la société mère de Victoria’s Secret). «Petit Bateau est une institution française, profondément enracinée à Troyes, reconnue pour son savoir-faire et occupant une place précieuse dans la vie des familles à travers le monde», fait valoir le président de Regent, Michael Reinstein.
En cas de rachat officiel, il assure que son entreprise «préservera ses traditions artisanales, son esprit français et la confiance que les familles accordent à chaque vêtement, afin que son héritage se poursuive pour les générations à venir», tout ce qui fait que Petit Bateau est «irremplaçable». Si la marque Petit Bateau a été déposée en 1920, la première usine ouverte par Pierre Valton à Troyes remonte à 1893, soit plus de 130 ans d’histoire. La maison mère d’Yves Rocher avait mis la main dessus en 1988.
De bons résultats depuis le début de l’année
De son côté, le directeur général de Petit Bateau, Alexandre Rubin, rappelle que son entreprise est «bien plus qu’une marque», avant tout «une aventure humaine, une histoire tissée avec passion à Troyes et au-delà, au fil des générations». Il souhaite à tout prix conserver «l’identité, la culture et l’ancrage local» de Petit Bateau. Présente dans 21 pays, l’enseigne emploie 2 400 personnes, dont 1 400 en France. Ses ventes BtoC ont progressé de 2,7% au premier semestre 2025 et son activité de e-commerce ne cesse de croître, «témoignant de la vitalité d’une marque aimée et pleinement tournée vers l’avenir», se réjouit Alexandre Rubin. Ce projet de cession ne sera officiel qu’à l’issue de la procédure de consultation auprès des instances représentatives du personnel, toujours en cours.



















