A Romans-sur-Isère, impossible de se réjouir de l’offre de reprise de Clergerie. Comme l’indiquait ICI Drôme-Ardèche le 15 mai, le tribunal de commerce de Romans-sur-Isère a validé l’offre de reprise du spécialiste de la chaussure de luxe français. C’est l’offre de l’Espagnol Petrel 92 SL qui a été choisie. Si le document signé fin avril prévoit la reprise de tous les salariés, dans les faits, l’avenir de Clergerie s’inscrit loin de l’Isère. Pourquoi ? Car l’ordonnance de cession comporterait une «coquille», selon l’avocat de la société, et seulement une trentaine de salariés (un quart du total) serait reprise.

Surtout, la société serait délocalisée. Ce que confirme au micro de BFMTV, Patricia Guillet, représentante du personnel. «Chaque jour, j’ai des appels d’employés qui pleurent, car ils ont de grosses charges et ne savent plus dans quelle situation ils se trouvent», révèle-t-elle. «On ne sait pas si on va recevoir une paye, si on va recevoir des papiers… tous les licenciements ont été gelés. On ne sait pas qui va être licencié, qui va être repris».

Pas de salaire ni d’indemnités chômage

Pour tous les salariés, la situation est difficile à vivre, car ils ne reçoivent ni indemnité chômage, ni salaire. «Tout le monde est coincé, lâchez-nous, laissez-nous vivre qu’on puisse recommander une vie correcte», témoigne une salariée de Clergerie. «On est des pions, on est à bout», fustige une autre. Une situation délicate confirmée par la déléguée syndicale SSB, Valérie Treffé-Chavant, auprès de ICI Drôme-Ardèche. «On ne peut pas non plus s'inscrire à France Travail, puisqu'on est légalement considérés comme employés.»

Si le maire de la ville a rencontré les salariés pour leur témoigner de son soutien, dans la commune, la situation émeut également et les gens sont déçus de voir partir un tel fleuron. Placé en redressement judiciaire en 2023, Clergerie avait déjà cédé une partie de ses ateliers. Les deux dernières années avec l’ancien propriétaire ont aussi été qualifiées de difficiles par les salariés.